Cameroun: Affaire avion présidentiel: La défense du prisonnier politique Atangana Mebara sollicite une expertise

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 25, 2015 17:16 Mise à jour

Cameroun: Affaire avion présidentiel: La défense du prisonnier politique Atangana Mebara sollicite une expertise

Atangana-Mebara en tenue traditionnel

Les avocats de l’ancien secrétaire général à la présidence ont, ce mercredi 25 mars 2015, voulu en savoir davantage sur certains aspects de l’accusation de détournement de 3,2 milliards de F Cfa imputés à leur client.

Compléter une instruction judiciaire inachevée par une juridiction précédente, préciser le rôle de leur client dans l’infraction en question. Telles sont entre autres des zones d’ombres pour lesquelles la défense de Jean Marie Atangana Mebara sollicite des éclaircissements. Au cours de l’audience de ce mercredi 25 mars 2015 au Tribunal criminel spécial, le conseil de l’ancien secrétaire général à la présidence (août 2002-septembre 2006), par la voix de Me Ekani, a à cet effet sollicité l’avis d’un expert. D’après les conseils de M.Mebara, ce chef d’accusation a fait l’objet d’une instruction judiciaire devant le Tribunal de grande instance de Yaoundé avant d’être transmis au Tcs. Au cours de ladite instruction, le co-accusé de Mebara, Jérôme Mendouga, ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun à l’époque des faits (décédé en novembre dernier) avait fourni des pièces justificatives des dépenses effectuées par Boeing à partir des 5 millions de dollars en question.

Mais le juge d’instruction chargée du dossier au Tgi de Yaoundé a estimé que des vérifications devraient être faites aussi bien auprès de Boeing que de l’ambassade du Cameroun aux Etats-Unis sur l’effectivité, l’opportunité des dépenses effectuées par Boeing et sur l’authenticité des pièces justificatives versées au dossier par M.Mendouga. C’est donc cette authenticité qui, d’après les conseils de Mebara, nécessite une expertise. D’après Jean Marie Atangana Mebara, le juge d’instruction du Tcs qui a hérité le dossier a marqué son étonnement de constater qu’on admette des pièces dans le dossier d’instruction mais demande encore d’en vérifier l’authenticité. L’affaire a été reportée au 14 avril prochain pour la réaction du ministère public à cette requête de la défense et pour d’éventuelles réquisitions intermédiaires (le ministère public dira si les charges contre l’accusé sont suffisantes pour qu’il présente sa défense).

le ministre Atangana Mebara saluant l'ex-secrétaire général de l'ONU, Koffi Annan

le ministre Atangana Mebara saluant l’ex-secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan

Les témoins de l’accusation blanchissent Atangana Mebara

Jean Marie Atangana Mebara est accusé d’avoir courant 2003 détourné la somme de 5 millions de dollars (soit environ 3,2 milliards de F Cfa). Cet argent devait servir de complément à l’acompte de 2 milliards de dollars versés en août 2001 pour l’achat d’un avion pour le chef de l’Etat. 4 témoins de l’accusation ont été entendus devant le tribunal Si les deux premiers, à savoir les Colonels Ndongue et Justin Mitlassou, en service à l’état-major particulier du président de la République au moment des faits, ont dit ne rien savoir du détournement de 5 millions de dollars, les deux derniers que sont l’ancien ministre des Finances, Michel Meva’a M’Eboutou et l’ancien directeur financier de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), sollicitée pour le déblocage des fonds, ont reconnus que l’argent avaient atterri dans les comptes du constructeur d’aéronefs américain Boeing.

Ecroué à la prison centrale de Kondengui depuis le 6 août 2008, Jean Marie Atangana Mebara a été condamné à 15 ans de prison en appel en octobre 2012 (après un acquittement en instance 5 mois plus tôt) pour détournements de deniers publics toujours dans le cadre de l’affaire de l’achat d’un avion présidentiel. Un an plus tard, il va écoper de 20 ans de prison ferme dans une affaire du règlement de la dette de l’ex-compagnie aérienne Cameroon Airlines (Camair) envers ses loueurs d’avion. C’est fort de cette double condamnation que depuis le 12 juin 2014, M.Mebara est considéré comme un prisonnier politique par le Comité de libération des prisonniers politiques au Cameroun (Cl2p), mouvement crée à Paris en France le 3 mai 2014. Le Comité s’appuie aussi sur une recommandation faite en mai 2014 à l’Etat du Cameroun par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, laquelle recommandation portait sur la libération d’Atangana Mebara ou à défaut,son jugement pour des faits clairs et précis.

La rédaction

 

 

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 25, 2015 17:16 Mise à jour