Cameroun: Affaire Lydienne Eyoum: Paul Biya a t-il plié le genou devant François Hollande?

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juillet 4, 2015 08:41 Mise à jour

Cameroun: Affaire Lydienne Eyoum: Paul Biya a t-il plié le genou devant François Hollande?

Au cours d’une conférence de presse au palais présidentiel de Yaoundé à l’occasion de la visite du président français au Cameroun, le chef de l’Etat camerounais a promis de voir ce qu’il est possible de faire pour l’avocate française d’origine camerounaise incarcérée pour malversations financières. Laissant poindre à l’horizon une grâce présidentielle.

Une lueur d’espoir pour Lydienne Yen Eyoum. C’est en tout cas ce qui transparaît dans les propos de Paul Biya. Au cours d’un échange avec les médias ce vendredi 3 juillet 2015 au palais de l’Unité de Yaoundé à l’occasion de la visite de François Hollande, le président camerounais a promis, concernant le sort de l’avocate française, que   » je verrai ce que je pourrai faire si tel est le souhait de l’intéressé (François Hollande, ndlr). Et si la constitution me donne les moyens de faire quelque chose, c’est de bon coeur que je le ferai le moment venu« . Difficile ne pas voir dans cette promesse le spectre d’une grâce présidentielle prochaine. D’ailleurs, la constitution du Cameroun dont parle Paul Biya, en son article 8 alinéa 7,  lui confère le « droit de grâce après avis du conseil supérieur de la magistrature ».

Au cours de la conférence de presse, le président français a rassuré que l’affaire Me Lydienne Eyoum a été abordée au cours des échanges  avec son homologue camerounais: »nous parlons de tous les sujets, y compris des sujets qui touchent des personnes, c’est ce que nous avons fait et maintenant il y a des décisions qui appartiennent au président Biya, aux autorités camerounaise et à la justice camerounaise « , a souligné François Hollande.

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L’on se souvient qu’en prélude à la visite de François Hollande au Cameroun, l’avocate française de Me Lydienne Eyoum, Me Caroline Wasserman, avait rencontré le 22 juin dernier la responsable de la cellule africaine de l’Elysée, Hélene Le Gal, afin que le cas Me Lydienne Eyoum soit inscrit dans le menu des échanges avec Paul Biya. C’est donc chose faite. Un autre Français, Michel Thierry Atangana avait bénéficié de la grâce présidentielle du président camerounais en février 2014 après 17 ans passées en prison à Yaoundé pour malversations financières.

Incarcérée depuis 2010 à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, Me Lydienne Eyoum a été condamné à 25 ans de prison ferme le 26 septembre 2014. La peine a été confirmée par la Cour suprême le 9 juin dernier. Il est reproché à l’avocate d’avoir perçu la moitié de 2 milliards de F Cfa qu’elle a été mandatée en décembre 2004 de recouvrer pour le compte de l’Etat, son client. Mais d’après ses avocats, l’argent retenu représente non pas des deniers publics mais des frais de procédure et autres dépens qui lui ont été conférés par des décisions de justice depuis 2001.

Michel Biem Tong

 

 

 

 

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juillet 4, 2015 08:41 Mise à jour