Cameroun: Affaire Me Lydienne Eyoum: Un sénateur français interpelle la Société Générale

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 24, 2015 12:19 Mise à jour

Cameroun: Affaire Me Lydienne Eyoum: Un sénateur français interpelle la Société Générale

Me Lydienne Eyoum

Me Lydienne Eyoum

La filiale française de cette banque française aurait, selon le sénateur Jean Yves Lecomte, joué un rôle trouble dans le processus de recouvrement des créances de l’Etat à l’origine des poursuite pénales contre l’avocate franco-camerounaise.

Le sénateur des Français de l’étranger, Jean-Yves Leconte, a de nouveau dénoncé vendredi (20 mars, ndlr)  la condamnation à 25 ans de prison de l’avocate franco-camerounaise Lydienne Yen Eyoum pour détournements de fonds et demandé à la banque française Société Générale des explications sur son rôle exact dans ce dossier.
Me Yen Eyoum, mandatée par le Ministère des Finances, avait mené en 2004 une opération de recouvrement d’anciennes créances auprès de la SGBC, filiale de la banque française Société générale en contentieux avec l’Etat camerounais. La justice camerounaise lui a reproché d’avoir gardé une partie des fonds recouvrés.
« La Société Générale n’a même pas été entendue en tant que témoin alors qu’elle (sa filiale au Cameroun) est au coeur de cette histoire.  A la limite que la banque défende ses intérêts, c’est compréhensible. Mais son silence a des conséquences humaines désastreuses pour Lydienne Yen Eyoum, emprisonnée depuis cinq ans dans des conditions innommables, après un procès qui n’est pas allé jusqu’au bout », a estimé le sénateur auprès de l’AFP.
En février, Jean-Yves Leconte a adressé un courrier au PDG de la Société Générale pour réclamer des éclaircissements sur le rôle de la banque et de sa filiale camerounaise, la SGBC, dans cette affaire, une lettre restée sans réponse à ce jour, précise-t-il.
La Société générale, motus bouche cousue
Contactée par l’AFP,la Société Générale a expliqué ne pas avoir « de commentaires à faire dans une affaire où nous ne sommes pas partie et qui semble résulter des relations entre Me Eyoum et l’Etat Camerounais. »
Détenue depuis janvier 2010, Lydienne Yen Eyoum a été condamnée à Yaoundé le 26 septembre 2014 à vingt-cinq ans de prison par le Tribunal criminel spécial (TCS) anti-corruption camerounais pour avoir détourné 1,077 milliard de francs CFA (1,5 million d’euros) de fonds publics. L’avocate attend maintenant la décision de la Cour suprême du Cameroun en juin ou juillet prochain, saisie en tant qu’ultime recours judiciaire dans le pays.
En 2010, les enquêteurs lui ont reproché d’avoir gardé la moitié de la somme recouvrée. Mais selon Lydienne Yen-Eyoum, elle lui revenait au titre d’honoraire.
« C’est un procès atypique et une procédure illégale », estime pour sa part Maître Marc Nzouba, président de SOS racisme Cameroun, de passage à Paris. « Une telle affaire, qui oppose un avocat à son client, relève typiquement du civil et en aucun cas du pénal. Il y a eu dérapage de la procédure ».
Le procès de Lydienne Yen Eyoum fait partie d’une vaste opération anti-corruption baptisée Epervier, et lancée par le Cameroun en 2006 sous la pression des bailleurs internationaux.
Les personnes accusées ont souvent affirmé être victimes de règlements de comptes politiques à travers cette opération.
source: AFP
Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 24, 2015 12:19 Mise à jour