Cameroun: Affaire Pierre D. Engo: Comment l’Etat bafoue les recommandations de l’Onu

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mai 22, 2015 18:28 Mise à jour

Cameroun: Affaire Pierre D. Engo: Comment l’Etat bafoue les recommandations de l’Onu

Alors qu’en 2009, le Comité  des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies(Onu) exigeait la libération de l’ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) sous 180 jours, le Cameroun,non content de l’avoir maintenu en prison de façon arbitraire au-delà dudit délai, peu fier de l’avoir libéré en mai 2014 sous la pression de la France, s’obstine à vouloir le remettre en taule sur la base d’une accusation du détournement de 25 milliards de F Cfa dont il peine à retrouver les traces.

L’Etat du Cameroun veut aller jusqu’au bout. Pour lui, pas question de laisser entre les mains (en fait, son compte bancaire à Paris) de Pierre Désiré Engo, ses 25 milliards de F Cfa. Encore faudrait-il savoir si l’Etat y est pour quelque chose, le box des avocats de la partie civile étant vide depuis l’ouverture de cette nouvelle affaire au Tribunal criminel spécial (Tcs) de Yaoundé. A l’audience du 21 mai dernier,  les juges du Tcs ont laissé entendre qu’ils sont toujours dans l’attente du bouclage de l’exécution par les juges français de la commission rogatoire commandée par le parquet dudit tribunal.

Le procès est donc suspendu au rapport de la justice française qui déterminera les modalités de transfert de cette somme dans le compte bancaire de l’ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale(Cnps). L’affaire a à nouveau été reporté de 3 mois. Au 25 août prochain. Depuis la réouverture du procès Engo le 21 novembre dernier après sa suspension le 7 mai 2014, l’on va de report en report. Avec à chaque fois, la même raison avancée:l’attente des résultats de la commission rogatoire.

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Edith Boizette

Au vu de ces multiples reports, il est aisé de comprendre que cette accusation ne tient pas la route. D’un,parce qu’elle a été classée sans suite faute de preuve le 3 septembre 1999 par la juge chargée d’auditionner M.Engo avant sa mise en détention à la prison de Yaoundé. De deux, demander un complément d’enquête comme l’a fait le Tcs en mai 2014 c’est faire injure à la très célèbre juge française Edith Boizette. C’est vouloir lui attribuer un rapport incomplet , voire bâclé. D’après la justice camerounaise, c’est le nom d’Edith Boizette qui est porté sur le rapport de commission rogatoire de 2002 faisait état du transfert de ces 25 milliards en mai 1999 dans le compte de M.Engo au Crédit Lyonnais.

Mais d’après les avocats de l’ancien Dg de la Cnps, la banque a déclaré ne pas reconnaitre ce virement. Dans ce cas, que recherche l’Etat du Cameroun,si ce n’est remettre Pierre Désiré Engo en prison? Ce, au mépris des recommandations du Comité des Droits de l’Homme de l’Onu qui, le 22 juillet 2009,avait sommé l’Etat du Cameroun de le libérer sous 180 jours  pour « détention arbitraire ».

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Inculpé pour « prise d’intérêt dans un acte » et « trafic d’influence », Pierre Désiré Engo a été placé sous mandat de détention préventive le 3 septembre 1999 à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui. Mais il sera condamné à 6 mois de prison en février 2000 pour « chèque sans provision », à 10 ans de prison en novembre 2002 pour « complicité de détournement de deniers publics ». Cette dernière peine est passée à 15 ans en appel en 2005 et a été confirmé à la Cour suprême en 2006. Ce n’est qu’en mars 2014, après une rencontre entre le président français François Hollande et son fils, le juriste et activiste des droits de l’homme, Joël Didier Engo, que l’ex-patron de la Cnps a recouvré la liberté le 7 mai2014. N’empêche, l’Etat du Cameroun continue de faire le voyou.

hurinews.com

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mai 22, 2015 18:28 Mise à jour

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