Cameroun : Assassinat de William Fouda : Un crime d’Etat ?

Louis MBANGA
par Louis MBANGA novembre 13, 2017 18:03 Mise à jour

Cameroun : Assassinat de William Fouda : Un crime d’Etat ?

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  • La concubine du fils du contre-amiral Joseph Fouda, conseiller spécial de Paul Biya, a déclaré devant le juge d’instruction avoir reçu à quelques heures de son assassinat, des menaces au téléphone venant des personnes qui lui reprochait de rendre la victime inaccessible. Mais la justice a choisi d’ignorer ces personnes pour s’en prendre aux lampistes.

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La concubine du fils du contre-amiral Joseph Fouda, conseiller spécial de Paul Biya, a déclaré devant le juge d’instruction avoir reçu à quelques heures de son assassinat, des menaces au téléphone venant des personnes qui lui reprochait de rendre la victime inaccessible. Mais la justice a choisi d’ignorer ces personnes pour s’en prendre aux lampistes.  

William Fouda est-il mort de crime passionnel ? Et si les raisons et les vrais assassins se trouvaient ailleurs ! Des doutes commencent à naître au regard des derniers développements de cette affaire. En effet, parmi les inculpés se trouve un jeune enseignant et étudiant de 26 ans qui, récemment sur les réseaux sociaux, a lancé un cri de détresse après 30 mois de détention sans jugement à la prison centrale de Yaoundé.

Le seul « crime » de Michael Tonkeu Feumba est d’avoir ramassé quelques jours plus tard la carcasse d’un téléphone qui s’est avéré être celui de la victime, non loin de là où sa dépouille a été retrouvée. Les autorités judiciaires en charge de l’instruction en ont conclu qu’il a participé à l’assassinat de M.William Fouda. Sans ressortir les liens que le jeune homme avait avec la victime, s’ils se connaissaient ou s’ils s’étaient vus avant son assassinat.

william fouda

William Fouda, la victime

Menaces

4 autres jeunes (dont une fille, concubine du défunt) dont l’âge varie entre 23 et 30 ans l’accompagnent dans cette galère. 2 d’entre eux sont accusés d’avoir passé la dernière nuit avec le défunt. Pas plus. Du moins, les rôles respectifs des différents acteurs cités dans cet assassinat ne sont pas clairement définis.

Un fait est cependant susceptible de retenir l’attention. La concubine du défunt, une certaine Jeanne Stael, a soutenu à l’instruction avoir reçu le 13 avril 2015 après 22 heures plusieurs appels téléphoniques des personnes la menaçant parce qu’elle les empêchait de communiquer avec William Fouda.

Qui sont ceux qui ont appelé cette jeune fille et pourquoi ces personnes tenaient-elles tant à communiquer avec la victime ce soir-là, pour lui dire quoi ? Deux autres inculpés, Melchior Stéphane et Castel, disent s’être séparés d’avec la victime vers 22 heures.

Michael

Michael Feumba, le jeune étudiant surpris avec le téléphone de la victime

Le rôle de l’ami de longue date

Le nom d’un certain Paul Eddy revient plusieurs fois dans cette affaire. Frère de Melchior Stéphane, Paul Eddy, ami de longue date de William Fouda, a envoyé des messages à Melchior Stéphane lui demandant de venir avec la victime à leur domicile. Il a également contacté Jeanne Stael via un certain Philippe qui s’est fait passer pour l’oncle de William Fouda et lui a reproché de vouloir briser le foyer de celui-ci.

Au matin du 14 avril 2015, la dépouille de William Fouda est retrouvée sur les rails, non loin du centre-ville de Yaoundé, la jambe droite amputée, le crâne presqu’ouvert. Ce, après être parti de chez Jeanne Stael la veille vers 21 heures en compagnie de Melchior Stéphane et Castel qui se sont séparés de lui vers 22 heures.

Brouillage des pistes

Qui a donc porté le coup fatal à William Fouda surtout que Paul Eddy n’agissait que par téléphone lors des derniers moments de la victime ? Les personnes en sa compagnie   avant son assassinat étaient-elles mises à contribution par des personnes tapies dans l’ombre pour le mettre à la merci de ses bourreaux ? Le coup de fil de Paul Eddy via Philippe à la concubine du défunt ne visait-il pas à brouiller les pistes de manière à ce qu’elle ne se doute de rien ?

contre-amiral

Le contre-amiral Fouda Joseph, conseiller spécial de Paul Biya, père de la victime

Quel que soit le bout par lequel on prend l’affaire, la thèse du crime passionnel a du mal à prospérer. Car si crime passionnel il y avait, c’est le défunt qui devait recevoir des menaces et non sa concubine. Les coups de fils à son endroit pourrait également paraître une mise en scène visant à la faire passer pour la parfaite coupable.

Les enquêtes de la justice méritent d’aller au-delà des personnes poursuivies car tout porte à croire qu’il s’agit d’un crime d’Etat maquillé en règlement de compte entre petits copains. Il s’agit tout de même non seulement d’un militaire en service au sein de la Garde présidentielle mais aussi du fils d’un conseiller du chef de l’Etat.

Michel Biem Tong

Louis MBANGA
par Louis MBANGA novembre 13, 2017 18:03 Mise à jour
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