Cameroun : Barrage de Grand Eweng : Ce qui attend les populations de Dibang

Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 27, 2017 20:06 Mise à jour

Cameroun : Barrage de Grand Eweng : Ce qui attend les populations de Dibang

Grandes Lignes

  • Lors de la cérémonie de lancement le 26 octobre dernier des travaux de la Commission de constat et d’évaluation du Centre dans la localité de Dibang, les populations des villages touchées par le projet de construction du barrage hydro-électrique de Grand Eweng ont fait part aux autorités administratives des incertitudes quant à leur avenir. Le gouverneur de la Région du Centre ainsi que le Directeur Général de la société en charge de construire le barrage, Hydromine-Cameroun, leur ont tenu un discours d’espoir.

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Lors de la cérémonie de lancement le 26 octobre dernier des travaux de la Commission de constat et d’évaluation du Centre dans la localité de Dibang, les populations des villages touchées par le projet de construction du barrage hydro-électrique de Grand Eweng ont fait part aux autorités administratives des incertitudes quant à leur avenir. Le gouverneur de la Région du Centre ainsi que le Directeur Général de la société en charge de construire le barrage, Hydromine-Cameroun, leur ont tenu un discours d’espoir.

«Ngodi-Lom (l’un des villages touchés par le projet, ndlr) avait dit non depuis à Hydromine », lit-on sur une pancarte brandie par un jeune homme dans l’une des entrées de l’hôtel de ville de la localité de Dibang ce jeudi 26 octobre 2017. A l’occasion de la cérémonie de lancement des travaux de la Commission de constat et d’évaluation du Centre pour le barrage de Grand Eweng, les inquiétudes se lisaient sur le visage des populations et de certains chefs traditionnels qui ont pris part à ladite cérémonie.

« Que deviendront nos champs, nos maisons, nos tombes ? », « Où irons-nous alors qu’ici c’est la terre de nos aïeux » ? «les montants des indemnisations vont-ils parvenir aux bénéficiaires ? ». Tels sont entre autres les préoccupations formulées par les populations et chefs de villages des arrondissements de Dibang et de Bot-Makak  au gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Bea et au directeur général d’Hydromine-Cameroun, François Mazé. Dans son allocution de circonstance, ce dernier s’est montré rassurant : « nous ne pouvons pas faire le bonheur de 25 millions de Camerounais avec de l’électricité viable et bon marché et faire le malheur de 25 villages ».

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De droite à gauche, le DG d’HYdromine-Cameroun, François Mazé et le Gouverneur du Centre, Naseri Paul Biya

Le patron d’Hydromine-Cameroun a annoncé à la presse les mesures qui seront prises par l’entreprise sur le plan socio-culturel en accord avec les autorités camerounaises et suivant les standards internationaux : le respect des traditions locales (ne pas séparer des familles, ne pas mélanger des chefferies…), l’indemnisation des populations par compensation de ce qui sera détruit, la réfection de la route qui dessert Dibang, la construction des centres de santé, etc. Le projet de construction du barrage va employer plus de 3000 personnes y compris les riverains.

« Petit Paris »

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Populations et chefs traditionnels au rendez-vous

Au cours des échanges avec les populations et les chefs traditionnels, le gouverneur de la région du Centre a promis aux populations qui seront déguerpies qu’elles seront recasées dans des sites qu’il a qualifié lui-même de « Petit Paris ». Selon Naseri Paul Bea, les corps seront exhumés des tombes et seront transférés vers les nouveaux logements. Le gouverneur a exigé que les chefs des villages qui seront touchés par le projet siègent au sein de la Commission de constat où leur vigilance est nécessaire et a promis que leur avis comptera en cas de désaccord.

La Commission de constat et d’évaluation comprend des équipes spécialisées détachées par les ministères des Domaines, de l’Agriculture, de l’Habitat, de l’Eau et Energie et des Travaux publics. Son objectif est de faire un inventaire complet et une évaluation des biens qui seront impactés par le chantier du barrage. Le rapport de ces évaluations servira de base à un décret d’expropriation ainsi que du montant à verser aux populations à exproprier. Les travaux devraient durer 3 mois.

hurinews.com  

Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 27, 2017 20:06 Mise à jour