Cameroun: Claude Emilien Nga Ebela : « Nous assistons les personnes handicapées et la petite enfance »

Louis MBANGA
par Louis MBANGA février 5, 2015 10:56 Mise à jour

Cameroun: Claude Emilien Nga Ebela : « Nous assistons les personnes handicapées et la petite enfance »

adamadoua ebela

Mr Nga Ebela, président national du Cnjd

Le président national de la Coalition nationale des jeunes pour le développement, une Ong basée à Ngaoundéré, nous parle de son association ainsi que des actions quotidiennes de celle-ci.

Pouvez-vous nous parler de la Coalition nationale des jeunes pour le développement ?
La Coalition nationale des jeunes pour le développement (Cnjd, ndlr) est une association pluridisciplinaire, si on peut la présenter ainsi. Elle est créée le 19 mai 1999 et légalisé le 23 mars 2001 à Yaoundé. Au regard de ses activités et des ambitions que nous avons nourri à l’époque, nous avons été dans l’obligation de transférer son siège dans l’Adamaoua. C’est ce qui justifie son siège à Ngaoundéré. Parce qu’à l’époque, c’est après une étude que nous avons réalisée concernant la problématique des droits des personnes handicapées et de l’enfance dans le Grand Nord que nous nous sommes installés à Ngaoundéré en 2003. Donc les objectifs de la Cnjd sont promouvoir les droits des personnes vulnérables, principalement les personnes handicapées et les enfants. L’autre objectif est de contribuer, au côté de l’Etat, à la lutte contre la corruption à travers des activités de sensibilisation, d’information, de renforcement des capacités et des ateliers de formation pour le grand public et les administrations publiques surtout celles des affaires foncières où on sait qu’il y a beaucoup de malversations concernant les détournements des biens immobiliers de l’Etat. L’association est régie par 3 organes spécifiques : l’Assemblée générale qui se tient une fois l’an, le Bureau national exécutif qui assure l’administration de façon permanente au quotidien, le Comité de discipline qui est un organe de rappel à l’ordre de nos membres qui veulent s’écarter des missions de l’association.
Quels sont vos rapports avec la Commission nationale anti-corruption, la Conac ?
En 2008, la Conac avait mis sur pied une stratégie devant permettre que la société civile s’intéresse à leurs activités, à leurs missions. Ainsi, la coalition nationale de lutte contre la corruption a été mise sur pied. Sur la base de leur conseil de comité, la Conac avait décidé de recruter un certain nombre d’organisation de la société civile qui partageaient ses valeurs, principes et objectifs. La Conac a donc lancé un appel à manifestation d’intérêt concernant les organisations de la société civile. Il y avait un certain nombre de critères. En 2008, nous avons postulé et publié dans Cameroon Tribune. Nous avons constitué notre dossier et nous le leur avons présenté.

Sur les 5 000 organisations de la société civile qui avait postulé, 100 ont été retenues dont la Cnjd.

Sur les 5 000 organisations de la société civile qui avait postulé, 100 ont été retenues dont la Cnjd. C’est ce qui a fait de nous le point focal de la Coalition nationale de lutte contre la corruption dans l’Adamaoua et dans toutes les régions, il y a les points focaux de cette Coalition.

Le siège de l'Onjd à Ngaoundéré

Le siège de l’Onjd à Ngaoundéré

Quelle est la situation des personnes handicapées dans l’Adamaoua, particulièrement ici à Ngaoundéré ?
Le problème des personnes handicapées dans l’Adamaoua n’est pas très différente sur le plan national. Mais dans l’Adamaoua, plus particulièrement à Ngaoundéré, le problème de la personne handicapée est d’ordre socioculturel. Moi je suis du Sud, un Eton de la Lekié, et chez nous, nous avons développé le culte de la responsabilité humaine où chacun s’auto développe au regard des influences que cela puisse apporter et qui permet que chaque handicapé, quelque soit l’endroit où il se trouve, puisse faire valoir son talent. Mais dans la région de l’Adamaoua, tel n’est pas le cas. Parce qu’il y a la religion qui prime sur un certain nombre de comportements. Il y a également les pesanteurs culturelles qui voudraient que la personne handicapée soit vouée à la mendicité, qui ne vit que d’aumône. Or, en réalité, ce n’est pas ça parce que cela affecte psychologiquement la personne handicapée parce que depuis le bas âge, on lui a appris à demander et non à se faire une responsabilité, à se cultiver une personnalité.
Et en quoi est ce que la Cnjd est utile à toutes ces personnes ?
En 2010, nous avons mis sur pied un certain nombre d’activités pérennes qui consistent à sensibiliser et à informer les personnes handicapées sur leurs droits. Nous sensibilisons les communautés dont les responsables sont les religieux et les chefs traditionnels pour leur faire comprendre que la personne handicapée a les mêmes droits que la personne valide et qu’il faut leur donner les mêmes opportunités que tous les enfants telles qu’aller à l’école, se faire former. Il y a beaucoup de personnes handicapées qui bénéficie de nos appuis à travers l’Unicef, le ministère des Affaires sociales qui nous accompagnent. Nous apportons un appui à ces personnes en termes de bourses scolaires et de formation professionnelle pour leur permettre de s’insérer dans la vie active.
D’où vous viennent les financements ?
La Cnjd a certains financements venant du ministère des Affaires sociales, de l’Ambassade des Etats Unis et du Canada. Mais ces financements ne viennent pas de façon constante, ça dépend de l’enveloppe, de la disponibilité et de la demande. Ce qui fait que nos activités sont conditionnées par un certain nombre d’aléas d’ordre conjoncturel de nos partenaires.
Propos recueillis par Michel Biem Tong à Ngaoundéré

Louis MBANGA
par Louis MBANGA février 5, 2015 10:56 Mise à jour