Cameroun: CNDHL : Mme Eva, la nouvelle Secrétaire Générale à la barre

Louis MBANGA
par Louis MBANGA novembre 14, 2014 14:10 Mise à jour

Cameroun: CNDHL : Mme Eva, la nouvelle Secrétaire Générale à la barre

le président de la Commission nationale des droits de l'homme et des libertés, Chemuta Divine Banda, lors de la cérémonie

Mme Eva Etongue, au côté du président de la Commission lors d’une  cérémonie

Nommée le 7 novembre 2014 à la tête du Secrétariat Permanent de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés par un décret présidentiel, Mme Eva a formellement été installée une semaine plus tard, jour pour jour, par le président de ladite institution, le Dr Chemuta Divine Banda. Celle qui prend ainsi la barre connait bien le domaine mais surtout aussi la maison…

Dans les couloirs et en dehors de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL), elle se fait appeler promptement Mme Eva, mais lorsqu’il faut respecter la forme des actes publics, c’est Mme Elangue, née Eva Jacqueline Etongue Mayer qui est de rigueur. Du reste, telle est la forme solennelle que le décret N°2014/451 du 7 novembre dernier a retenue pour élever cette juriste de 44 ans au poste de SG, un poste qui au demeurant lui attribue « rang et prérogatives de Secrétaire général de ministère ».
De fait, l’observateur attentif à la gestion des droits de l’homme au Cameroun ne peut être surpris de cette nomination à la suite du renouvellement, il y a peu, des membres de la CNDHL. Si l’on s’en tient à l’explication de l’un de ses collaborateurs, M. Salatou Baba, donnée le 14 novembre au moment de son installation formelle à son poste: « Mme Eva est la personne qu’il faut à la place qu’il faut ».

Fine connaisseuse de la maison « Droits de l’Homme »

Cette fille de Melong, ville du Moungo dans la région du Littoral peut se targuer sans crainte d’être aussi une sorte de « dame des droits de l’homme ». De fait, elle est titulaire d’un diplôme de Master en Droits de l’homme et Action humanitaire de l’Université Catholique d’Afrique Centrale où elle a, du reste, pris une inscription en thèse dans la même filière. Auparavant, c’est une maîtrise en droit privé fondamental qu’elle décroche à la faculté de droit de l’Université de Yaoundé II en marge d’un autre Bac + 4 en sciences sociales. Autant dire que la nouvelle SG possède une maîtrise certaine de la théorie générale des Droits de l’Homme. Pour être une théoricienne, Mme Eva ne maîtrise pas moins la pratique de la défense des droits humains. Il est peu de dire qu’elle ne pouvait trouver meilleur cadre de pratique des droits de l’Homme ailleurs qu’à la CNDHL où elle fait dès 2005, ses classes et ses faits d’armes.

les membres de la Commission nationale des droits de l'homme en photo de famille avec les participants

les membres de la Commission nationale des droits de l’homme en photo de famille avec les participants, Mme Eva en deuxième position (ensemble bleu-ciel)

C’est en février 2005 qu’ elle entre à la Commission au bout d’un stage de 3 mois passés au Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale (CNUDHD-AC), pour exercer jusqu’en 2006 comme cadre chargé de la protection des Droits de l’Homme au plan national.
Dès 2006, c’est en juriste avertie qu’elle est nommée Chef de la Division de la promotion et de la protection des droits de l’Homme à la Commission. C’est d’ailleurs de ce poste qu’elle est partie le 07 novembre dernier pour remplacer M. Barthélémy Obongono Eye’e de ses 08 années de SG de la Commission.

L’expérience diversifiée de la promotion des droits humains

Cette mère de 05 enfants, qui n’en donne guère l’impression, est sur tous les fronts de la promotion des droits de l’Homme à l’échelle du pays mais aussi au delà. Conférencière et personne-Ressource chaque fois qu’elle en a l’occasion, Mme Eva alterne collaboration au magazine panafricain « Matalana » dirigé par Mme Rachid Ndiaye et vacations d’enseignement du droit des Droits de l’Homme à l’Université. Elle consacre également un peu de son temps au Programme national d’éducation aux Droits de l’Homme ainsi qu’au Plan d’action de promotion et de protection des mêmes Droits.
A son actif, on peut verser sa participation à la Mission du Cameroun à Washington aux USA pour y vendre l’effort de gouvernance du Cameroun en 2010.
Mme Eva, 4 années durant, a en outre apporté son expertise en qualité de consultante auprès de l’Union Africaine des Aveugles (Uafa), organisation pour laquelle elle rédigera un rapport à la demande de l’Association Nationale des Aveugles du Cameroun ( Anac).
Loin de la promotion du droit des handicapés, la nouvelle SG est connue à la Commission Economique de l’ONU pour l’Afrique, où elle endosse entre 2011 et 2013, l’étoffe de deuxième vice-présidente du Comité de gouvernance et de participation Populaire.
En sus, cette juriste praticienne est tout sauf une inconnue dans les institutions telles que la Cellule de lutte contre la corruption du Ministère de la justice, la Commission d’éligibilité au statut de réfugié au Cameroun, le conseil d’administration de Transparency Cameroun ou encore l’association camerounaise des Femmes Juristes (ACAFJ), où elle endosse la qualité de membre.
Il n’est donc pas légitime de s’inquiéter de savoir si Mme Jacqueline Eva va tenir les attentes que les textes assignent à sa nouvelle fonction. Celle que le Chef de l’Etat a nommé « pour promouvoir le leadership féminin » comme l’explique le Dr Chemuta Divine Banda, possède donc les ressorts pour : « veiller à la formation et aux recyclages des personnels de la CNDHL, en assurer la bonne exécution du budget et apprêter les fonds de dossiers des réunions » ainsi que l’exige la loi du 22 juillet 2004 qui organise la Commission.

Willy Zogo

Louis MBANGA
par Louis MBANGA novembre 14, 2014 14:10 Mise à jour