Cameroun: Crise Anglophone : International crisis group craint une insurrection armée

Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 19, 2017 18:16

Cameroun: Crise Anglophone : International crisis group craint une insurrection armée

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  • D’après un rapport que vient de commettre l’organisation, la repression des manifestations du 1er octobre dernier dans les deux régions anglophones du Cameroun a enfouit les germes d’une résistance armée dans la region Anglophone du Cameroun.

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D’après un rapport que vient de commettre l’organisation, la repression des manifestations du 1er octobre dernier dans les deux régions anglophones du Cameroun a enfouit les germes d’une résistance armée dans la region Anglophone du Cameroun.

« …Les rangs des sécessionnistes augmentent de jour en jour, et certains d’entre eux évoquent plus résolument l’idée d’une lutte armée ou l’”autodéfense”», prévient International crisis group. Dans un rapport de 16 pages intitulé “Cameroun: l’aggravation de la crise anglophone requiert des mesures fortes”, l’organisation interpelle le président camerounais Paul Biya sur le risque de basculement de la crise anglophone vers une insurrection armée.

«Les signes avant-coureurs d’une possible insurrection armée ne manquent pas: les groupuscules violents se multiplient, la désobéissance civile et les violences sporadiques (incendies criminels et bombes artisanales) se poursuivent. Selon certaines sources, de petits groupes de jeunes seraient allés au Nigéria pour s’entrainer à la guérilla, malgré l’opposition de principe d’Abuja à un Etat indépendant anglophone… », peut-on lire dans le rapport.

amba forces

Les forces rebelles du mouvement secessionniste

Abus sexuels

International crisis group revient sur les manifestations du 22 septembre et du 1er octobre dernier relative de l’indépendance du Southern Cameroun. Le bilan, selon l’organisation, est d’au moins 40 morts et plus de 100 blessés parmi les manifestants : « ce lourd bilan est dû aux tirs à balles réelles et à l’usage excessif des gaz lacrymogènes… Des abus sexuels, des destructions de propriété et des pillages dans les maisons par des militaires et policiers… ont été signalés par une dizaine d’habitants, des élus locaux, des hauts fonctionnaires, la  presse, des organisations de droits de l’homme et les évêques catholiques des deux régions», relate le rapport.

« Les violences de septembre et octobre…creusent le fossé entre le gouvernement et la population, renforcent le sentiment de méfiance et rendent la population plus favorable à la sécession », conclue International crisis group. L’organisation pointe également du doigt l’attitude de certaines autorités qui sont de nature à exacerber le penchant de la communauté anglophone vers la sécession. Notamment le ministre de la Communication, Issa Tchiroma, qui a qualifié les manifestants de terroristes et le gouverneur du Sud-Ouest de « chien ».

Bamenda

Manifestations à Bamenda (capitale du nord-ouest anglophone) en novembre 2016

Mission d’enquête de l’ONU

Pour trouver une solution à cette crise, International crisis group propose au président Paul Biya, en séjour privé en Suisse depuis le 23 septembre dernier, de rentrer d’urgence au Cameroun et de prononcer un discours prônant le retour au calme, ouvrir un dialogue de haut niveau sur des solutions durables au problème anglophone, tendre la main aux militants  anglophones exilés afin d’encourager leur retour, relever de leurs fonctions les membres du gouvernement et les hauts fonctionnaires des régions anglophones dont les propos irresponsables ont enflammé la crise, etc.

International crisis group suggère également aux partenaires internationaux du Cameroun de proposer l’envoi d’une mission d’information des Nations unies ou de l’Union africaine chargée d’enquêter sur les évènements des mois de septembre et octobre dernier conjointement avec la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés. L’organisation invite aussi les chefs de file sécessionnistes de « permettre le bon fonctionnement des établissements scolaires et condamner fermement tout acte violent commis par des groupuscules se réclamant de leur cause, qu’il s’agisse d’incendies criminels ou de l’emploi de bombes artisanales ».

hurinews.com

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par Louis MBANGA octobre 19, 2017 18:16