Cameroun : Crise anglophone : La plate-forme des OSC-Littoral dénonce les atteintes aux droits civils et politiques

Louis MBANGA
par Louis MBANGA janvier 21, 2017 09:36

Cameroun : Crise anglophone : La plate-forme des OSC-Littoral dénonce les atteintes aux droits civils et politiques

Grandes Lignes

  • Dans une déclaration rendue publique jeudi 19 janvier dernier, la plate-forme des organisations de la société civile dans la région du Littoral (dont la capitale est Douala) déplore la militarisation des régions du nord-ouest et du sud-ouest anglophones et appelle au rétablissement de la communication électronique. Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration de la plate-forme OSC-Littoral.

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Dans une déclaration rendue publique jeudi 19 janvier dernier, la plate-forme des organisations de la société civile dans la région du Littoral (dont la capitale est Douala) déplore la militarisation des régions du nord-ouest et du sud-ouest anglophones et appelle au rétablissement de la communication électronique. Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration de la plate-forme OSC-Littoral.

DECLARATION DE LA PLATE-FORME DES OSC DU LITTORALSUR
LA CRISE DANS LES REGIONS DU Nord-Ouest ET Sud-Ouest

Depuis plusieurs mois le Cameroun vit une crise sociopolitique marquée dans la partieoccidentale dite anglophone de son territoire, affectant l’ensemble de la nation par ses conséquences multiformes. La plate-forme observe qu’après une longue période d’hésitation, le gouvernement s’est enfin penché sur les revendications des Organisations des avocats et enseignants anglophones.

Certes, en prenant en compte en temps réel les revendications dont le Président de la République lui-même a reconnu sur le tard, la légitimité, le gouvernement aurait permis à notre pays de faire l’économie de la crise profonde qui en a résulté. Cependant, la plateforme des Organisations de la Société Civile (OSC) du Littoral, a pris acte des diverses initiatives prises pour dialoguer avec les forces sociales revendicatrices (avocats et enseignants notamment) en mouvement. Elle constate toutefois que les négociateurs de l’Etat se montrent davantage préoccupés par le souci de sauver la face du gouvernement, que celui d’apporter immédiatement les réponses adéquates et optimales possibles.

La plate-forme déplore que ce souci de « ne pas perdre la face » emmène le gouvernement à adopter des méthodes attentatoires aux libertés civiles et politiques, remettant en cause tous les engagements nationaux et internationaux en matière de protection et promotion des Droits de l’Homme :- Constitution du Cameroun, – Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, – Charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance, – Pacte international relatif aux droits civils et politiques, – Déclaration Universelle des droits de l’Homme, etc.

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Des manifestations à Bamenda, dans le nord-ouest anglophone

La plate-forme déplore en particulier la militarisation des régions du Nord-ouest et Sud-ouest, des arrestations, des déportations, des préventions administratives ainsi que la privation des citoyens et des opérateurs économiques des moyens de communication électronique.

La plate-forme des OSC du Littoral observe que l’exaspération des exigences des interlocuteurs anglophones est due au fait que certains envoyés du gouvernement adoptent à leur égard des attitudes de parti pris et de mépris. La plate-forme rappelle que dans une nation qui se veut démocratique un sujet qu’il soit sur la forme de l’Etat ou sur tout autre problématique ne peut être considéré comme tabou dans une situation de crise socio politique avérée et que seul un cadre de dialogue ouvert, inclusif et transparent est susceptible de rassembler la Nation dans ses différentes composantes.

La plateforme considère que la crise actuelle est un appel de l’histoire, et exhorte le Président de la République à mettre en place au plus vite, un espace ouvert et large de discussion sans à priori permettant de réfléchir et de faire des propositions sur le vivre ensemble camerounais. En tout état de cause la plate-forme condamne les dérives actuelles du processus de dialogue enclin au mépris, au parti pris et à la banalisation ; toutes choses susceptibles d’entrainer l’enlisement et la généralisation de cette crise sur le plan national.

La plate-forme demande instamment :

– Le rétablissement des communications électroniques dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest, – La clarification rapide et urgente de la situation des personnes arrêtées et détenues dans le cadre de la crise actuelle, – La mise en place urgente d’un espace de dialogue national.

Le 19 janvier 2017

 

Pour le comité de suivi de la plate-forme

 

Le comité de rédaction.

 

– Philippe Nanga (ONG Un Monde Avenir)

– Jean Baptiste Sipa (Article 55)

– Alex Gustave Azebaze (AGA MEDIAS INC)

– Chantal Kambiwa (Servitas Cameroun)

– Dora Sende (Cofepre)

Louis MBANGA
par Louis MBANGA janvier 21, 2017 09:36

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