Cameroun : Crise anglophone : Le procès des leaders renvoyé, d’autres activistes toujours en fuite

Louis MBANGA
par Louis MBANGA août 3, 2017 22:38

Cameroun : Crise anglophone : Le procès des leaders renvoyé, d’autres activistes toujours en fuite

Grandes Lignes

  • L’audition des témoins de l’accusation le 27 juillet 2017, au Tribunal militaire de Yaoundé, s’est faite dans un vacarme assourdissant. Ce qui a causé un nouveau renvoi du procès. Et ce n’est que le 31 aout 2017, soit un mois plus tard, que les débats pourront continuer.

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L’audition des témoins de l’accusation le 27 juillet 2017, au Tribunal militaire de Yaoundé, s’est faite dans un vacarme assourdissant. Ce qui a causé un nouveau renvoi du procès. Et ce n’est que le 31 aout 2017, soit un mois plus tard, que les débats pourront continuer.

C’est que, l’audience a été émaillée de quelques incidents entre le banc du ministère public et celui des avocats de la défense. En cause, les débats houleux entre l’accusation dont les parties prenantes sont essentiellement francophones et les avocats de la défense, eux majoritairement anglophones. Les procédures pénales, diversement interprétées par chaque partie, ont donné lieu à des éclats de voix non maîtrisés.

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Me Felix Nkongho Agbor, un des leaders du consortium anglophone, détenu à la prison centrale de Yaoundé

Du coup, l’avocat Agbor Balla Ngongho Félix, le docteur Fontem Neba et Mancho Bibi, leaders de la crise anglophone, tous détenus à la prison principale de Kondengui, ainsi que 25 autres accusés, ont vu leur cause reportée. Or, suite à une jonction de procédure ordonnée par le Tribunal militaire de Yaoundé, ils sont venus à nouveau devant les juges pour être définitivement fixés sur leurs destins communs. Ils ne le seront pas de si tôt, obligés de retourner en prison sans le moindre jugement, à cause de ce qui est qualifié d’indiscipline entre leurs accusateurs et leurs défenseurs.

Des co-accusés portés disparus

En effet, ces activistes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, sont accusés d’actes de terrorisme, d’hostilité contre la patrie, d’incitation à la sécession, de propagation de fausses nouvelles et de rébellion collective. D’autres co-accusés, aujourd’hui portés disparus, sont activement recherchés par les fins limiers de la police judiciaire camerounaise, appuyés dans cet exercice par les éléments d’Interpole.

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Me Emmy Tricia Kesah

C’est le cas de Tassang Wilfred, Mark Bareta, John Mamfred, Me Harmony Bobga Mbuton, du journaliste Tapang Ivo Tanku, et de l’avocate, Emmy Tricia Kesah. Tous sont considérés comme étant des pivots de la crise anglophone, du fait de leurs rôles centraux dans le partage d’images et de vidéos choquantes sur des manifestants torturés par les forces de l’ordre, de dissémination de messages d’incitation à la grève, et de propagation de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux. Ils faisaient tous partie de ce qui avait été érigé en cellule de communication du collectif des activistes anglophones.

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Me Harmony Bobga Mbuton

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Pour mettre fin à leurs actions et celles de leurs acolytes sur la toile, les régions anglophones du pays avant été brutalement privées d’Internet. C’est seulement le 20 avril 2017, que le chef de l‘État camerounais, Paul Biya, ordonnait le rétablissement de la connexion Internet dans ces régions, soit trois mois après que les premières coupures eurent été constatées.
L’audience du 27 juillet 2017 faisait suite à celle du 24 mai 2017, elle aussi renvoyée. On va donc de renvoi en renvoi au procès des activistes anglophones.

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Traduits devant les tribunaux militaires, beaucoup d’entre eux risquent la peine de mort conformément à la loi n°2014/028 du 23 décembre 2014 sur la répression des actes terroristes au Cameroun. Quant à ceux qui ont pris la clé des champs, leur sort serait pire s’ils venaient à être déportés manu militari par les enquêteurs à leurs trousses depuis qu’ils sont portés disparus.

Myriam KENS

Louis MBANGA
par Louis MBANGA août 3, 2017 22:38
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