Cameroun : D’après un consortium d’ONG : Ibrahim Bello a été torturé au poste de police d’Ombessa

Louis MBANGA
par Louis MBANGA avril 13, 2017 07:00 Mise à jour

Cameroun : D’après un consortium d’ONG : Ibrahim Bello a été torturé au poste de police d’Ombessa

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  • Un rapport de mission rendu public ce mercredi 12 avril par une dizaine d’ONG confirme cette thèse. Il dénonce les manœuvres de la police nationale visant à manipuler l’opinion en agitant plutôt celle de la justice populaire.

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Un rapport de mission rendu public ce mercredi 12 avril par une dizaine d’ONG confirme cette thèse. Il dénonce les manœuvres de la police nationale visant à manipuler l’opinion en agitant plutôt celle de la justice populaire.

Pour la commission d’enquête du consortium des ONG de défense des droits de l’homme, point de doute : le jeune Ibrahim Bello a été torturé le 5 février dernier au poste de police d’Ombessa. Cette conclusion sans équivoque est contenue dans un rapport exclusif de 88 pages présenté ce mercredi 12 avril 2017 à la Maison des Droits de l’Homme de l’ONG Nouveaux Droits de l’Homme-Cameroun, à Yaoundé.

D’après ce rapport réalisé sous la coordination de Mandela Center, le jeune Ibrahim Bello a « subi des actes de traitements cruels, inhumains et dégradants dans les locaux de la police d’Ombessa ». Cette torture ont consisté en « l’usage des menottes, de l’eau, des chaînes, de la machette, des courants électriques, des gourdins », lit-on dans le rapport.

NDH Ibrahim Bello

Image de la conférence de presse

Ces actes de torture ont entraîné chez le jeune homme de 17 ans la perte définitive des deux jambes et partielle d’un bras. Selon rapport, les auteurs de ces actes cruels et barbares sont « des agents de police aidés par trois individus agissant pour le compte des fonctionnaires de la police ». Le jeune homme se trouve en ce moment à l’hôpital central de Yaoundé où il a été amputé des deux jambes à l’issue d’une opération chirurgicale.

Manipulation de l’opinion

Le rapport dénonce un complot monté par des agents et responsables véreux de la police consistant à attribuer ces atrocités à la justice populaire en vue de manipuler l’opinion : « ces personnes (qui l’ont arrêté, ndlr) n’ont jamais torturé Ibrahim Bello qui a été amené dans le poste de police en marchant normalement sur ses deux pieds… », dément le rapport.

Au sujet du flagrant délit de vol dont Ibrahim Bello a été accusé, le consortium d’ONG affirme sans ambages que « Bello n’a été arrêté avec aucun objet…soit issu de la voiture, soit d’autres sources ». D’après le rapport, la tentative de vol de véhicule est impossible dès lors que le jeune Bello ne sait pas conduire. Le jeune Bello a été soupçonné de vol du fait sa posture suspecte autour du véhicule d’un agent d’affaires (et non d’un avocat, selon le consortium).

ibrahim

Le jeune Ibrahim Bello

S’agissant de la dégradation de l’état de santé d’Ibrahim Bello, le consortium accuse les autorités administratives d’Ombessa pour « non assistance à personne en danger ». Le responsable du centre de santé d’Ombessa est également pointé du doigt pour avoir abandonné Ibrahim Bello sans soins plutôt que de prendre des dispositions pour le faire évacuer à Yaoundé.

Mesures disciplinaires

Le consortium d’organisations de défense des droits de l’homme invite l’Etat du Cameroun à mener des enquêtes promptes, indépendantes, crédibles dans les unités de police où règnent la torture et de traduire en justice les auteurs présumés de cette dernière. S’agissant du cas spécifique du poste de police d’Ombessa, le rapport prescrit l’adoption « des mesures disciplinaire à l’encontre des fonctionnaires et agents de l’Etat ayant abusé de leurs prérogatives ».

Le rapport est le résultat d’une enquête menée du 9 mars au 7 avril 2017. L’équipe chargée de l’enquête « a pu recueillir une cinquantaine de témoignages concordants et édifiants auprès de sources variés », indique le rapport. 11 ONG ont participé à la réalisation de ce rapport dont NDH-Cameroun, Mandela Center, Dignité Humaine Indispensable, Plate-forme de la société civile pour la démocratie, SOS Jeunesse Libre, Goodwill-Cameroun, 1 Monde Avenir.

hurinews.com

 

 

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par Louis MBANGA avril 13, 2017 07:00 Mise à jour