Cameroun: Détention arbitraire:L’Onu exige la libération de Me Lydienne Eyoum

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juin 10, 2015 05:26

Cameroun: Détention arbitraire:L’Onu exige la libération de Me Lydienne Eyoum

Après la confirmation de sa condamnation par la Cour suprême du Cameroun ce 9 juin, le Haut commissariat des Nations Unies pour les droit de l’homme a rendu un avis reconnaissant la détention arbitraire et exigeant la libération immédiate de l’avocate franco-camerounaise.

Aussitôt condamnée, aussitôt réhabilitée. Pendant que la Cour suprême confirme la condamnation à 25 ans de prison de Me Lydienne Eyoum ce mardi 9 juin 2015 pour « détournements de deniers publics », le groupe de travail de l’Onu sur la détention arbitraire, organe dépendant du Haut commissariat des Nations Unies sur les droits de l’homme, rend un avis sur la situation carcérale de l’avocate française d’origine camerounaise.

L’organe onusien demande à l’Etat camerounais de « prendre des mesures nécessaires afin de remédier au préjudice matériel et moral » que Me Lydienne Eyoum a subi et d’envisager une « réparation intégrale ». Autrement dit, l’Onu suggère que Me Lydienne Eyoum soit non seulement libérée mais aussi indemnisée pour avoir été détenue arbitrairement.

Selon le Groupe de travail, la détention de Lydienne Eyoum réunit tous les ingrédients pour être considérée comme arbitraire. D’après l’avis de cet organe de l’Onu, Me Eyoum a été arrêté en janvier 2010 « sans aucune notification des raisons d’une telle arrestation ». Le Groupe de travail sur la détention arbitraire estime que la durée de la détention de Me Eyoum à la prison centrale de Yaoundé (plus de 4 ans) n’a pas respecté le délai légal qui est de 18 mois selon la loi camerounaise.

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Seul bémol cependant, le groupe de travail a estimé ne pas pouvoir statuer sur l’absence d’équité du procès de Me Eyoum sans avoir reçu le jugement du Tribunal criminel spécial. En effet, l’accusée a fait savoir au Groupe de travail que ce jugement a été rendu sans entendre ses témoins et tenir compte des preuves à sa décharge. L’avis des Nations Unies indique que le Gouvernement n’a pas répondu à la communication que lui a adressée le Groupe de travail le 18 février 2015.

Contacté par Radio France internationale, le ministre de la Communication, Issa Tchioma a indiqué qu’il ne s’agit que d’un avis qui n’engage en rien le gouvernement camerounais. Le porte-parole du gouvernement a par ailleurs soutenu que tous les droits de Me Lydienne Eyoum ont été respectés.

Condamnée à 25 ans de prison le 26 septembre 2014 par le Tribunal criminel spécial, Me Lydienne Eyoum est accusée d’avoir, le 22 décembre 2004, distrait la somme de 1,077 milliard de F Cfa. Avocate de l’Etat du Cameroun dès le 6 mars 1998, son client lui reproche d’avoir retenu cet argent qui représente la moitié de la somme recouvrée auprès de la filiale camerounaise de la Société Générale de banque pour solder un contentieux financier vieux de 10 ans.

Mais d’après les avocats de Me Lydienne Eyoum, le montant retenu dans son compte personnel représente des frais accessoires à elle conférés par une décision de justice rendue quelques jours plus tôt par un Tribunal de première instance de Douala et qui condamnait la banque à reverser son dû à l’Etat du Cameroun.

hurinews.com

L’intégralité de l’avis du Groupe de travail de l’Onu sur la détention arbitraire concernant Me Lydienne Eyoum

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juin 10, 2015 05:26