Cameroun : Dictature : La police interdit une conférence d’Amnesty International sur les droits de l’homme et la lutte contre le terrorisme

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mai 25, 2017 09:18

Cameroun : Dictature : La police interdit une conférence d’Amnesty International sur les droits de l’homme et la lutte contre le terrorisme

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  • La raison évoquée par les autorités pour empêcher la tenue de cette conférence est le risque de trouble à l’ordre public. Nouveau Droits de l’Homme-Cameroun parle d’ « assassinat » des libertés publiques.

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La raison évoquée par les autorités pour empêcher la tenue de cette conférence est le risque de trouble à l’ordre public. Nouveau Droits de l’Homme-Cameroun parle d’ « assassinat » des libertés publiques.  

A défaut de pouvoir tenir sa conférence, Amnesty International s’est contentée d’une déclaration à la presse au hall de l’hôtel La Falaise à Yaoundé. Le sous-préfet de Yaoundé I, admis à la retraite le 22 mai dernier, venait de faire interdire par la police cette conférence : « nous sommes très désolé de ne pas pouvoir tenir cette conférence de presse…en dépit de toutes les procédures légales respectées par l’organisation, parce que le régime de la conférence de presse est celui de la déclaration préalable. L’information a été donnée et rappelée aux autorités, Nous sommes donc extrêmement surpris par cette interdiction », s’est désolé Alioune Thine, directeur d’Amnesty International pour l’Afrique centrale et de l’Ouest face aux hommes de médias.

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le directeur Afrique Centrale et de l’Ouest d’Amnesty International, Alioune Tine face aux hommes de médias

Dans sa décision N°026/D/J06/01/SP, le sous-préfet de Yaoundé 1er, Tsanga Foe, a argué de « menace de trouble à l’ordre public » pour  interdire la conférence de presse de l’ONG internationale. Au côté de Nouveaux-Droits de l’Homme-Cameroun (NDH-Cameroun), les responsables d’Amnesty International envisageaient de rendre public le contenu de plus de 300 000 lettres et pétitions de personnes du monde entier adressées au président camerounais Paul Biya pour la libération de Fomusoh Ivo Feh et de ses amis Afuh Nivelle Nfor et Azah Levis Gob. Ces derniers ont  été condamnés à 10 ans de prison ferme le 2 novembre 2016 par la justice militaire  pour « non-dénonciation ».

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La directrice exécutive de Nouveaux-Droits de l’Homme-Cameroun, Cyrille Bechon, lors du débriefing devant la presse

En effet, Ivo Fomusoh est accusé d’avoir transmis en décembre 2014 à ses amis, le SMS suivant sur fond de blague : « Boko Haram recrute des jeunes à partir de 14 ans. Conditions de recrutement, 4 matières au GCE (examen du cycle secondaire dans la zone anglophone du Cameroun, ndlr) y compris la religion ». L’audience en appel est prévue le 15 juin prochain. Les 3 jeunes gens sont détenus à la prison centrale de Yaoundé. Dans une déclaration à  la presse à son siège à Yaoundé en début d’après-midi, NDH-Cameroun a dénoncé l’assassinat des libertés publiques au Cameroun à travers l’utilisation régulière du terme « trouble à l’ordre public » par l’administration. NDH-Cameroun avait programmé une conférence-débat après la conférence de presse sur le respect des droits de l’homme dans la lutte contre le terrorisme.

hurinews.com

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mai 25, 2017 09:18