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Cameroun : Exclusif/Crise anglophone : Les leaders indépendantistes toujours détenus au Nigéria

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Contacté par la rédaction, le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés au Nigéria confirme leur détention à Abuja quoiqu’inaccessibles. Pourtant, des médias camerounais annoncent l’extradition au Cameroun des leaders séparatistes anglophones arrêtés le 5 janvier dernier dans un hôtel nigérian.

Où se trouvent Sisiku Ayuk Tabe et les 9 autres membres du conseil du gouvernement de la république virtuelle d’Ambazonie (appellation du Southern Cameroon) ? L’opinion camerounaise est divisée sur leur situation depuis vendredi dernier aux premières heures de la matinée où la nouvelle de leur extradition au Cameroun s’est propagée sur les réseaux sociaux telle une traînée de poudre.

Si certains croient dur comme fer qu’ils ont effectivement été extradés au Cameroun et seraient en ce moment détenus au secrétariat d’Etat à la défense (SED), siège de la gendarmerie nationale, d’autres (les militants de la cause anglophone pour la plupart) crient à un canular, convaincus de ce qu’ils sont toujours détenus au Nigéria.

Les chaînes de télévision françaises France 24 et TV5 Monde sont venues en rajouter à la confusion. Dans leurs éditions d’information du soir de vendredi dernier consacrée à l’actualité africaine, l’annonce de l’extradition de Sisiku Ayuk Tabe et son staff a été faite.

Sisiku Ayuk Tabe, président du conseil du gouvernement de la république virtuelle d’Ambazonie

Les leaders ambazoniens inaccessibles au Nigéria

Ce lundi 29 janvier 2018, plusieurs journaux camerounais d’expression française ont annoncé à leurs Unes leur présence ainsi que celle d’une trentaine de militants de la cause anglophone  au Cameroun. Contrairement aux tabloïds d’expression anglaise qui se sont montrés plus prudents quand ils n’ont pas simplement démenti l’information.

Pour en savoir sur leur  position, la rédaction de hurinews.com a contacté par mail (voir la réponse  ci-dessous) le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) au Nigéria qui, promptement a réagi : « Jusqu’à présent, 50 personnes ont été libérées. Parmi les personnes toujours détenues, figurent plusieurs ressortissants camerounais qui ont été arrêtés le 5 janvier dans un hôtel d’Abuja », explique Mme Elizabeth Mpimbaza, responsable du bureau du HCR au Nigéria. Les choses sont donc suffisamment claires à en croire le HCR : Sisiku Ayuk Tabe et Cie sont toujours détenus au Nigéria.

D’après l’organisme onusien, les leaders ambazoniens arrêtés le 5 janvier dernier demeurent inaccessibles : « Le HCR travaille avec les autorités pour garantir l’accès à ce groupe. Le HCR appelle les autorités du Nigeria à continuer de respecter leurs obligations internationales en permettant l’accès aux détenus. ». Tout porte donc à croire que les leaders séparatistes anglophones détenus à Abuja sont sous la protection du HCR.

Silence du gouvernement

Sollicité par la rédaction pour en savoir davantage sur la présence des leaders indépendantistes au Cameroun, le ministère de la Défense se mure dans le silence et s’en remet au ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement : « Nous ne communiquons pas sur des dossiers dont s’est saisie la justice militaire. Le Mincom (ministre de la Communication, ndlr)  a reçu tous les éléments de langage pour communiquer, je crois cet après-midi. Je suis quand même surpris que vous n’ayiez eu au une inquiétude au sujet des enfants qui ne vont pas à l’école depuis 18 mois et la vingtaine de militaires, gendarmes et policiers assassinés», indique le chef de la cellule de communication du ministère de la Défense, le colonel Didier Badjeck, visiblement embarrassé.

D’après des sources au ministère de la Communication, aucun point de presse n’est prévu à ce sujet ce lundi 29 janvier. Dans un communiqué (voir ci-dessous) rendu public le 24 janvier dernier, le HCR dit avoir été rassuré par les autorités nigérianes de ce que les militants de la cause anglophone détenus ne seront pas extradés vers le Cameroun. Amnesty international s’y était déjà opposé dans un communiqué rendu public récemment. En cas d’extradition, ils risquent la peine de mort pour terrorisme à l’issue d’un procès au tribunal militaire.

Michel Biem Tong

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La réponse du HCR-Nigéria par mail à la rédaction de hurinews.com

Le Communiqué du HCR du 24 janvier dernier

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