Cameroun: François F.Fotso: « J’ai passé toute une nuit dans une cellule, debout »

Louis MBANGA
par Louis MBANGA septembre 26, 2015 16:05 Mise à jour

Cameroun: François F.Fotso: « J’ai passé toute une nuit dans une cellule, debout »

Interpellé par la police le 15 septembre dernier à Yaoundé alors qu’il filmait le climat de répression policière qui s’abattait sur les membres de Dynamique Citoyenne,  le journaliste François Fogno Fotso, directeur de publication de Génération Libre, après sa libération,  témoigne des circonstances de son arrestation et des conditions de sa garde-à-vue.

Vous venez de passer plus d’une semaine en garde à vue en compagnie de Jean Marc Bikoko et d’autres membres de Dynamique Citoyenne, pour quelles raisons les autorités ont consenti à vous libérer?

Elles ont tout simplement accepté que nous soyons jugé libre. Le premiers passage ayant eu lieu le mercredi 24 septembre 2015 au tribunal de grande instance a Yaoundé, l’affaire a été ensuite renvoyée pour le 28 octobre 2015.

Dans quelles circonstances est ce que vous, journaliste, avez été arrêté le 15 septembre dernier?

Je suis parti de mes bureaux sise à l’immeuble de la Cnps à l’avenue Kennedy pour aller rendre une visite de travail au Directeur de Publication du journal l’Epervier. Au carrefour Warda où se trouve le palais des sports de Yaoundé, je trouve qu’à l’esplanade de ce complexe, des hommes habillés en orange et les force de polices étaient en pleine altercation. Je me suis intéressé à la chose. Je voulais donc utiliser mon téléphone portable pour prendre quelques images. C’est alors qu’un policier s’est jeté sur moi, a récupéré le téléphone et m’a fait rentrer dans leur bus sans résistance.

Fotso2

Parlons de vos conditions de garde-à-vue, quelles étaient-elles?

Etant en détention administrative d’abord de 15 jours renouvelable décidé par le gouverneur du Centre, nous étions a l’abri de la torture physique même si nous recevions de façon irrégulière la visite des homme en tenue voir même du patron de la police. Nous avions reçu la visite des hommes politiques comme Alain Fogue, Maurice Kamto et autres membres des syndicats et des présidents confédéraux. Nous vivions des repas que nos proches nous apportaient.Au Gmi 1 (Groupement mobile d’intervention, ndlr) situe a l’école de police, je peu vous témoigner que les cellules était d’une qualité très républicaine. Mais à la cellule du parquet situé au commissariat centrale n 1 de Yaoundé, il n’y fait pas mon vivre. Pas de toilettes, l’on se couche sur le ciment et cotoie de grands bandits qui vous bastonne toute la nuit.Moi j’avais payé ce qu’ils appellent droit de cellule à 15000 francs au chef de cellule qui avait déjà passé plus de deux mois dans cette cellule. Mais  j’ai passé la nuit debout car il n’y avait plus d »espace.

Vous avez annoncé une plainte contre les autorités administratives, pensez-vous qu’elle va prospérer?

Nous restons serein et nous croyons que la force reviendra au droit. nous fessons confiance a notre justice et l’appelons a l’impartialité.

Propos recueillis par Bertin Ndo

Louis MBANGA
par Louis MBANGA septembre 26, 2015 16:05 Mise à jour