Cameroun: Héraclès Farm fait condamner un défenseur de l’environnement

Louis MBANGA
par Louis MBANGA novembre 6, 2015 16:14

Cameroun: Héraclès Farm fait condamner un défenseur de l’environnement

Nasako Besingi, responsable d’Ong dans une localité située au sud-ouest du Cameroun, a été condamné le 3 novembre dernier à 3 ans de prison ferme après une plainte de la société agroalimentaire américaine Héraclès Farm. L’intégralité du communiqué du Réseau de Lutte contre la Faim (RELUFA).

Nasako Besingi, directeur de l’Ong «Struggle to Economize our Future Environment » (SEFE) a été condamné ce mardi 3 novembre 2015, par le tribunal de Mundemba, dans le SudOuest du Cameroun, à 3 ans de prison, assortie d’1 millions FCFA d’amende, au paiement de 10 millions FCFA représentants les dommages intérêts et des dépens de 200 000 FCFA.

L’activiste faisait l’objet depuis 2012 d’un harcèlement judiciaire et d’une série de plaintes pour « diffamation » introduites par la société SGSOC, filiale d’Herakles Farms. Cela faisait suite à un rapport qu’il avait rédigé pour avoir été agressé en présence de témoins par un groupe d’hommes qu’il avait reconnus comme de jeunes responsables d’Herakles Farms, alors qu’il servait de guide à une équipe de journalistes de télévision, réalisant un documentaire sur les conflits entre la société Herakles Farms SGSOC et des communautés de l’arrondissement de Mundemba dans le Sud-ouest du Cameroun.

nasako

Monsieur Nasako Besingi a fait l’objet d’une série de plaintes et d’arrestation depuis l’installation de la société Herakles Farms (SGSOC) dans la région du Sud-Ouest, en raison de sa dénonciation des violations de la loi par cette compagnie. En effet, elle y a démarré ses opérations (défrichage, ouverture de route et création de pépinières avant d’obtenir un titre légal sur les terres, ce qui constitue une violation du droit foncier camerounais.
Contestant la légalité de la présence de la compagnie sur leur terroir, les communautés condamnaient cette tentative d’accaparement de leurs terres. Ce qui a conduit à de nombreux conflits avec la compagnie.

Le Réseau de Lutte contre la Faim (RELUFA) se joint aux déclarations du communiqué de presse des partenaires telles que le CED et estiment que cette condamnation traduit les mesures de répression et d’intimidation qui sont utilisées pour réduire au silence et punir les organisations locales et activistes qui se battent de façon pacifique et sans relâche pour protéger les droits des communautés, et préserver l’environnement naturel et les forêts du Cameroun.

L’organisation interpelle à nouveau le gouvernement à garantir les droits fondamentaux inclus dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ICCPR), tels que le droit à la liberté d’expression et le droit à un procès juste et équitable consacré par la constitution camerounaise.
Fait à Yaoundé le 05 Novembre 2015

Louis MBANGA
par Louis MBANGA novembre 6, 2015 16:14