Cameroun : Homophobie : Le cri de coeur d’une victime désespérée

Louis MBANGA
par Louis MBANGA avril 13, 2016 00:23

Cameroun : Homophobie : Le cri de coeur d’une victime désespérée

Romeo, jeune camerounais âgé de 19 ans, a fuit la case familiale après  avoir été copieusement battu par des membres de sa famille qui ont découvert son homosexualité.  Il  s’est confié à notre rédaction  dans un message intitulé  » S.O.S je veux vivre  comme  un être  humain ».

Le  jeune homme qui vit avec ses parents et ses deux frères, explique qu’il a fui la maison familiale pour des mesures de sécurité. Depuis que sa famille a découvert qu’il est homosexuel, son père, sa mère, et son oncle l’ont frappé et le boudent sans arrêt. Tous les jours, c’est le même calvaire. Les siens lui exigent d’abandonner « cette sorcellerie ». Il vit cette marginalisation à « Dibombari », quartier populeux où il réside, dans l’arrondissement  de Douala  4ème.  Son orientation sexuelle y est connue de tous, et lui pose de sérieux problèmes de discrimination. Il est hué à son passage et reçoit des jets de pierres de certains résidents qui le taquinent et se moquent de lui comme bon leur semble.

Roméo révèle dans sa correspondance qu’il se sentait pire qu’un esclave et regrette que ses propres parents ne soient pas intervenus pour faire cesser cette violence aussi bien dans la maison familiale que dans le quartier et prennent généralement le parti de ses agresseurs. Pour ce dernier, le pire pourrait arriver d’autant que son oncle, l’un de ses bourreau, qui a été informé par la famille, est un homme pieux et très fanatique, qui pourrait l’éliminer à tout moment.

 

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« J’ai peur de mon oncle qui réside chez mes parents. Il me déclare sans cesse que tout homosexuel mérite l’enfer. Que le pédé doit disparaitre, par tous les moyens, pour éviter la souillure à la famille et même la contamination. Pour échapper au lynchage qui se dessinait ainsi,  j’ai du fuir la maison une nuit, pour dormir chez des amis parce que mon cadre familiale m’était devenu austère. Tous les miens manifestent une hostilité sans limite à mon égard. Jusqu’à présent, j’ai peur pour ma sécurité et je n’ose vous dire où je me trouve « ,  écrit cet élève qui précise qu’il est  à la  recherche d’une terre d’accueil où il pourra  vivre  comme un  être humain, recommencer sa vie, sa carrière et fonder une famille. Jusqu’à présent, on est sans nouvelle du jeune Romeo.

Homophobie d’Etat au Cameroun

Au Cameroun, pays dont Roméo est originaire,  l’homosexualité  est interdite et fortement réprimée par la loi, les meurs aussi ; la société camerounaise étant en majorité homophobe.  Il devient donc impossible pour Roméo, d’aller vers les autorités pour une quelconque protection. On a souvenance du cas de Roger MBEDE, homosexuel, mort le 10 janvier 2014 à l’âge de 34 ans dans une chambre de la maison familiale à Ngoumou, sa ville natale, dans la région du Centre au Cameroun, après avoir été emprisonné pour son orientation sexuelle.

 

Le cas du militant Eric LEMBEMBE dont le cadavre mutilé avait été découvert à Yaoundé en été 2013 est tout aussi illustratif de l’homophobie des camerounais.  De même que le cas du journaliste Ismaël Carim LINDOU, journaliste à la radio Sweet FM qui, torturé par la gendarmerie et recherché par la police, a du fuir le Cameroun et miraculeusement s’est retrouvé en France.

 

Des exemples de cette nature sont légion.  On se souvient aussi  des jeunes Jonas SINGA, KUMIE 19 ans et Franky DJOME, 20 ans, surpris  en plein ébat sexuel dans une voiture au quartier ESSOS, dans la nuit du 26 au 27 juillet 2011, et condamnés par un tribunal de Yaoundé, d’abord  à 2 ans de prison ferme, puis après appel,  à 1 ans de prison avec sursis.  Plusieurs autres cas  de violence sur des homosexuels et de condamnation par les tribunaux sont régulièrement enregistrés au Cameroun.

 

Vincent AWONO MBALLA

 

Louis MBANGA
par Louis MBANGA avril 13, 2016 00:23