Cameroun : Ibrahim Aïssatou : «A Santa,les terres des bororos sont prises par un homme riche »

Louis MBANGA
par Louis MBANGA août 10, 2015 19:18 Mise à jour

Cameroun : Ibrahim Aïssatou : «A Santa,les terres des bororos sont prises par un homme riche »

La coordinatrice nationale du Forum des femmes autochtones du Cameroun parle de la journée internationale des peuples autochtones en général et des problèmes du peuple bororo en particulier.

 

 

Que représente la journée internationale des peuples autochtones pour vous ?

La journée internationale des peuples autochtones c’est une journée qui a été consacrée par les Nations Unies en 2007 suite à l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Depuis cette adoption, on célèbre la journée des peuples autochtones tous les 9 août. Il est question au cours de cette célébration d’évaluer les avancées par rapport à la promotion des droits des peuples autochtones, ce qui a été fait, ce qui n’a pas été fait et voir ce qu’il est possible d’améliorer à ce propos dans notre pays

Cette année, la célébration est placée sous le signe de la santé et du bien-être des peuples autochtones, quelles sont les problèmes de bien-être et de santé que rencontrent les peuples autochtones au Cameroun ?

Les peuples autochtones sont vulnérables sur le plan de la santé et comme vous le savez, ils sont éloignés des autres communautés et n’ont pas de centres de santé là où ils vivent, même s’il existe des programmes de santé à eux destinés, ils ne sont pas concernés, nous sommes en train de demander si on peut construire des centres de santé pour les peuples autochtones afin que cela puisse améliorer leurs conditions de santé.

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Ibrahim Aïssatou

 

Qu’en est-il du cas du peuple bororo ?

Les bororos sont sur les collines, ils sont là-bas avec leurs bétails et c’est ce qui fait que quand on veut construire un centre de santé, on ne les prend pas en compte, on va construire ce centre de santé là où se trouvent les autres communautés et ça pose beaucoup de problèmes parce qu’ils ne partent pas à l’hôpital. Quand ils sont malades, ils vont marcher sur une longue distance, il y en a qui parfois meurent en route. Il y a des maladies telles que la typhoïde, le paludisme qui les attrapent mais ils ne peuvent pas aller à l’hôpital parce que c’est très loin.

Quel est le problème du peuple bororo en général ?

Le peuple bororo rencontre beaucoup de problèmes, notamment celui de l’accès à la terre. Les bororos sont expulsés de leurs terres par les autres communautés en complicité avec les autorités locales. Actuellement où je vous parle, à Santa (nord-ouest anglophone, ndr), les terres des bororos sont arrachées par un homme riche avec la complicité du sous-préfet de Santa. Il y aussi les problèmes de marginalisation et de discrimination, quand il y a des projets de développement qui sont élaborés, on ne pense pas aux bororos. Quand on veut construire une école ou un centre ailleurs c’est dans les autres communautés qu’on s’en va les construire, c’est pourquoi beaucoup d’enfants bororos ne vont pas à l’école.

Tout de même, est ce qu’il n y a pas des mesures qui sont prises par le gouvernement en faveur des peuples bororos ?

Il y a des actions qui sont posées mais on ne les voit pas, on ne les sent pas. Il faudrait vraiment qu’on prenne en compte ces populations afin qu’elles puissent jouir de leurs droits fondamentaux.

Propos recueillis par Michel Biem Tong

Louis MBANGA
par Louis MBANGA août 10, 2015 19:18 Mise à jour