Cameroun : Isidore K.Modjo : Jamais sans mes droits d’auteurs

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mai 7, 2016 18:15 Mise à jour

Cameroun : Isidore K.Modjo : Jamais sans mes droits d’auteurs

Grandes Lignes

  • Créateur de la musique d’habillage du journal parlé à la Cameroon radio and télévision (Crtv), la radio nationale, ce producteur audiovisuel et réalisateur de cinéma court depuis 20 ans après près de 2 milliards de F CFA de droits d’auteurs que lui doit la CRTV. Malgré le silence des responsables de l’office national de radio et de télévision, Isidore Karel Modjo est déterminé à se faire entendre.

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Créateur de la musique d’habillage du journal parlé à la Cameroon radio and télévision (Crtv), la radio nationale, ce producteur audiovisuel et réalisateur de cinéma court depuis 20 ans après près de 2 milliards de F CFA de droits d’auteurs que lui doit la CRTV. Malgré le silence des responsables de l’office national de radio et de télévision, Isidore Karel Modjo est déterminé à se faire entendre.

Les auditeurs de la Cameroon radio and television (Crtv) Poste national se sont sans doute habitués à ces musiques qui, depuis bientôt 20 ans, accompagnent chaque édition du journal parlé. Mais savent-ils que ces génériques et jingles portent la griffe d’Isidore Karel Modjo ? Sans doute pas. Mais les responsables de la Crtv semblent la lui dénier. La preuve, c’est depuis 1997, année de création et de production des génériques et jingles qui constituent l’habillage officiel du Poste national de la Crtv, qu’il se bat pour recouvrer ses droits d’auteurs. Il y en a pour 1,8 milliards de F CFA : « quand je vais souvent au Nigéria, beaucoup de mes confrères m’appellent ‘a rich man’ (homme riche, ndlr) alors que la réalité est tout autre », nous a confié Isidore Modjo.

C’est au Studio Karel, situé au quartier Nkolmesseng à Yaoundé, que le producteur audiovisuel et réalisateur de renom, la cinquantaine révolue, passe une bonne partie de sa journée et cuisine ses produits cinématographiques. Mais il a toujours à cœur le combat pour le recouvrement de l’intégralité de ses droits d’auteurs à la CRTV. Un combat qui a atteint son point culminant dès 2013 à travers de nombreuses correspondances adressées à la direction générale de la CRTV : « j’ai commencé à écrire au directeur général de la Crtv pour lui demander de me payer mes droits, j’ai adresse 13 correspondances restées sans suite jusqu’à ce jour », relate Isidore Modjo. Face au mutisme du Dg de la CRTV, Ahmadou Vamoulké, Isidore Modjo décide de prendre la rue.

isidore modjo

Isidore Modjo devant le ministère de la Communication à Yaoundé

Loi de 2000

Dès le 4 janvier dernier, il entame un sit in à l’entrée de la maison de la radio à Yaoundé. C’est alors que le 1er février dernier, le patron de la CRTV se décide de lui répondre en lui faisant savoir que la CRTV reverse ses droits à l’organisme de gestion collective du droit d’auteurs compétents : « c’est une violation de la loi N°2000/011 du 19 décembre 1990 relative au droit d’auteurs et aux droits voisins », s’insurge le producteur audiovisuelle. En effet, cette loi dispose en son article 13 que « les auteurs des œuvres de l’esprit jouissent sur celles-ci, du seul fait de leur création, d’un droit de propriété exclusif et opposable à tous… ».

Le 4 février et le 5 février dernier, il organise un sit in au siège de la télévision publique (où sont logés les bureaux du Dg) puis un autre le lendemain au ministère de la Communication. C’est alors que le ministre de céans, Issa Tchiroma décide de le recevoir : « quelques jours plus tard, il donne des instructions au Dg de la CRTV de me verser 25 millions de F CFA par an, mais jusqu’au 29 février, rien n’est fait », raconte Isidore Modjo. Reprise du sit in le 29 février. Cela lui vaut d’être convoqué, entendu le lendemain par les fins limiers de la Délégation générale à la sûreté nationale (siège de la police nationale) puis reçu un mois plus tard par le Délégué général à la sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele : « le délégué a promis d’intervenir afin qu’on puisse trouver une solution à mon problème ».

Mais malgré cette promesse, on tourne en rond. La rencontre avec le ministre de la Communication le 15 avril 2016 ne va rien donner. Isidore Modjo est envoyé auprès du ministère des Arts et de la Culture qui n’a jamais voulu le recevoir. Le nouveau sit in observé le 21 avril dernier laisse les responsables de la Crtv et du ministère de la Communication de marbre. Mais il ne lâche pas prise : « pour le moment, nous sommes en deuil, l’une de nos cinéastes, Rose Essindi, est décédée récemment. Nous sommes préoccupés par ses obsèques. Après cela, je reprendrai le combat », promet, déterminé, Isidore Modjo. Ce n’est donc que partie remise.

Hurinews.com

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mai 7, 2016 18:15 Mise à jour

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