Cameroun : Isidore Modjo : « Je suis victime d’une injustice »

Louis MBANGA
par Louis MBANGA août 15, 2016 23:03

Cameroun : Isidore Modjo : « Je suis victime d’une injustice »

Grandes Lignes

  • Le producteur et réalisateur audiovisuel revendique à la radio et télévision nationale, la Crtv, le paiement de ses droits d’auteurs depuis 20 ans. D’après lui, la Crtv utilise ses œuvres musicales pour habiller le journal-parler et d’autres émissions de grande écoute sans lui verser le moindre kopeck. A quelques heures du sit-in prévu ce mardi 16 août 2016 au ministère de la Communication à Yaoundé, hurinews.com est allé à sa rencontre.

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Le producteur et réalisateur audiovisuel revendique à la radio et télévision nationale, la Crtv, le paiement de ses droits d’auteurs depuis 20 ans. D’après lui, la Crtv utilise ses œuvres musicales pour habiller le journal-parler et d’autres émissions de grande écoute sans lui verser le moindre kopeck. A quelques heures du sit-in prévu ce mardi 16 août 2016 au ministère de la Communication à Yaoundé, hurinews.com est allé à sa rencontre.

Vous envisagez de faire un sit in dès ce mardi 16 août 2016 pour revendiquer  le paiement de vos droits d’auteurs par la Cameroon radio and télévision, comment ça va se passer ?

C’est très simple, il s’agit d’un mouvement pacifique. Je vais faire ce sit in dès 6h devant le ministère de la Communication (Mincom), pourquoi le ministère de la Communication ? Parce que c’est lui l’usager, dans toutes les correspondances de la Présidence, du Premier Ministère et de toutes les administrations au Cameroun, on m’a toujours envoyé vers le Mincom qui est l’usager, qui est le grand patron de la Crtv (Cameroon radio and television, ndlr) à qui je réclame mes droits. Donc c’est simple, je serai la-bas, tout seul et de manière pacifique, je n’aurai pas d’arme. J’ai mon dispositif pour diffuser ces jingles pour que les gens qui passent sachent de quoi il est question, qu’on ne me prenne pas pour un fou, comme a dit Vamoulké (ex-Dg de la Crtv, ndlr) à une époque.

isidore modjo photos 1

Isidore Modjo

Pourquoi un nouveau sit in alors que les précédents n’ont pas fait bouger le top management de la CRTV ?

C’est parce que le top management a changé. Et maintenant, je me pose des questions, dans la mesure où j’ai envoyé une demande d’audience au nouveau Dg, il ne m’a pas reçu. Je lui ai écris, il n’a pas répondu. Je me pose la question de savoir s’il a reçu ces correspondance, est ce que les réseaux de Vamoulké ne les ont pas distrait. Je fais ce sit in non seulement pour que le nouveau Dg soit au courant mais aussi pour attirer l’attention de la communauté nationale pour qu’on sache que le problème n’est pas résolu parce que quelque fois au Cameroun quand vous ne faites rien, cela veut dire que le problème est résolu, pour décrier une fois de plus cette injustice grave parce que ces œuvres dont il est question sont diffusées 80 fois tous les jours depuis 20 ans, c’est passé hier, c’est passé aujourd’hui et ça va passer demain. Mais cette injustice doit cesser, on ne peut pas utiliser ainsi les œuvres d’un auteur sans lui reverser ce qui lui revient de droit.

Ces œuvres dont il est question sont diffusées 80 fois tous les jours depuis 20 ans, c’est passé hier, c’est passé aujourd’hui et ça va passer demain. Mais cette injustice doit cesser, on ne peut pas utiliser ainsi les œuvres d’un auteur sans lui reverser ce qui lui revient de droit.

Vous avez été reçu plusieurs fois par le président du conseil d’administration de la CRTV, par ailleurs ministre de la Communication, que vous a-t-il dit et comment expliquez-vous ce mutisme de sa part à l’égard de vos revendications ?

J’ai été reçu par le Mincom plusieurs fois, j’ai été reçu par le Dgsn par rapport à ce dossier, d’autres membres du gouvernement sont aussi intervenus, mais l’ex-Dg de la CRTV et le ministre de la Culture ne m’ont pas reçu mais bon, ce n’est pas grave. Je ne peux pas expliquer l’inexplicable. Tout ce que je demande c’est que la loi soit respectée, c’est que les orientations que le chef de l’Etat a bien voulu donner par rapport à la résolution de ce problème soient respectées, c’est tout.

Vous dites avoir reçu des menaces du fait de vos revendications, de quelles formes étaient-elles ?

A l’époque de l’ex-Dg, il a ses sbires qui voulaient déstabiliser mon mouvement, l’instrumentaliser quelquefois, ils disaient aux forces de défense qu’avec le phénomène de Boko Haram…mais chaque fois, nos vaillants soldats ont toujours dit à ces rares sbires de Vamoulké d’aller demander à leur patron de me payer mon argent parce que ce que je demande est légitime. C’est vrai aussi qu’à une certaine époque j’ai reçu des appels anonymes me proférant des menaces. Mais je suis positif et je sais que mon combat est juste, ce que je demande n’est pas fictif, ce sont des œuvres que j’ai créé, j’ai tous les Master, je les ai fais, ils l’ont aimé, ils l’utilisent, ça passe et je veux mes droits.

tout ce qui est nouvelles technologies et le Studio Karel est pionnier en la matière mais il faut qu’on enlève cette épine qui gêne, parce qu’il y a un malaise, si je suis devant le nouveau Dg, il y a toujours ce malaise, je suis en train d’être abusé depuis 20 ans, ce sont des choses qu’il va falloir régler pour qu’on soit plus serein.

Vous semblez très remonté contre l’ex-Dg de la CRTV, Amadou Vamoulké, maintenant qu’il n’est plus là, vous avez espoir que vos droits vous seront enfin payés ?

Logiquement, mes droits devraient être payés, je dis bien logiquement. Mais comme au Cameroun, les choses se passent de manière anormale, on ne peut jurer de rien. Ce dossier devrait être le premier à être réglé par le nouveau Dg, dans la mesure où c’est une urgence, c’est une honte que la Crtv traîne, surtout que nous avons des choses qu’on doit faire, je collabore avec la Crtv et on doit aller de l’avant avec cette collaboration professionnelle pour que le Studio Karel puisse contribuer aux missions que le nouveau Dg veut mener à bon port à savoir  tout ce qui est modernisme, tout ce qui est nouvelles technologies et le Studio Karel est pionnier en la matière mais il faut qu’on enlève cette épine qui gêne, parce qu’il y a un malaise, si je suis devant le nouveau Dg, il y a toujours ce malaise, je suis en train d’être abusé depuis 20 ans, ce sont des choses qu’il va falloir régler pour qu’on soit plus serein.

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Jusqu’où comptez-vous aller dans vos revendications ?

Ecoutez, jusqu’à ce qu’on me paye mes droits, je ne vais pas arrêter, je suis sûr que les gens vont être sensibilisés ainsi que le chef de l’Etat, le gouvernement et toutes les personnalités qui comptent dans ce pays. Je suis persuadé que cette affaire connaîtra un dénouement heureux car ce type d’injustice est incompatible avec les idéaux que prônent Son Excellence Paul Biya, président de la République du Cameroun, c’est pour cela que je pense que ça devrait cesser et que je devrais rentrer dans mes droits dans de meilleurs délais.

Propos recueillis par la rédaction

 

Louis MBANGA
par Louis MBANGA août 15, 2016 23:03