Cameroun : Justice : 7 ans pour juger le prisonnier politique J.M Atangana Mebara !

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juin 15, 2016 19:24

Cameroun : Justice : 7 ans pour juger le prisonnier politique J.M Atangana Mebara !

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  • Inculpé en 2009 pour détournement de 3 milliards de F CFA destiné à l’achat d’un avion présidentiel, l’ancien secrétaire général à la présidence ne sera fixé sur son sort que le 22 juin prochain. Pourtant, les conventions internationales relatives aux droits de l’homme ratifiées par le Cameroun prescrivent le jugement des citoyens dans un délai raisonnable. Bien plus, Jean Marie Atangana a dénoncé au cours de ce procès une violation de ses droits à la défense.

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Inculpé en 2009 pour détournement de 3 milliards de F CFA destiné à l’achat d’un avion présidentiel, l’ancien secrétaire général à la présidence ne sera fixé sur son sort que le 22 juin prochain. Pourtant, les conventions internationales relatives aux droits de l’homme ratifiées par le Cameroun prescrivent le jugement des citoyens dans un délai raisonnable. Bien plus, Jean Marie Atangana a dénoncé au cours de ce procès une violation de ses droits à la défense.

Un marathon judiciaire. 7 ans que cela dure et le 22 juin prochain, le verdict. L’ancien secrétaire général à la présidence (22 août 2002-7 septembre 2007), Jean Marie Atangana Mebara, incarcéré à la prison centrale de Yaoundé depuis le 6 août 2008 est poursuivi pour le détournement courant juin 2003 de 5 millions de dollars (soit plus de 3 milliards de F CFA) destiné à compléter l’avance de 4 millions de dollars versés 2 ans plutôt pour l’achat d’un avion présidentiel.

« Une procédure qui s’est ouverte en septembre  2009, qui va s’achever en 2016 ! Soit 7 ans. Pour rien ! »,  s’est écrié l’ancien ministre à l’audience du 8 juin dernier au Tribunal criminel spécial à  Yaoundé. L’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ratifiée par le Cameroun dispose accorde pourtant à tout justiciable le droit d’être jugé dans un délai raisonnable.

Par ailleurs, son avocat, Me Assira Engoute a fait savoir que le titre de détention provisoire servi à son client en septembre 2009 pour ce chef d’accusation a été annulé le 3 décembre 2009 par la chambre de contrôle de l’instruction de la Cour d’Appel du Centre. Mais, a souligné Me Assira, Atangana Mebara a à nouveau été inculpé pour les mêmes faits deux semaines plus tard.

Jean-MarieAtanganaMebara+++

Jean Marie Atangana Mebara

« Je ne vois pas comment cet argent aurait pu être détourné »

L’accusation reproche à Jean Marie Atangana Mebara d’avoir modifié l’affectation des 5 millions de dollars en question en les consacrant au paiement des loyers de l’avion Albatros plutôt que d’acheter un avion neuf auprès de l’américain Boieng. Jean Marie Atangana Mebara s’en défend en arguant de ce qu’il agissait sur instructions du président de la République.

Lors de ce procès, Meva’a M’Eboutou, l’un des témoins de l’accusation, ministre de l’Economie et des Finances au moment des faits, a reconnu que l’argent est bel et bien parvenus dans les comptes de Boieng qui en a d’ailleurs accusé réception : « je ne vois pas comment cet argent aurait pu être détourné », a soutenu en septembre 2014 Meva’a M’Eboutou.

D’après les conseils de Mebara, les justificatifs des 5 millions de dollars ont été produits par l’ancien ambassadeur du Cameroun aux USA, feu Jérôme Mendouga, co-accusé d’Atangana Mebara. Jean Marie Atangana a regretté que le parquet du Tcs n’ait rien fait pour faire comparaître ses témoins, deux cadres de Boieng, afin qu’ils confirment l’authenticité des pièces qui attestent de l’utilisation de la somme querellée.

ALBATROS

L’Albatros

Prisonnier politique selon le CL2P

Jean Marie Atangana Mebara est sous le coup d’une double condamnation. L’une à 15 ans de prison toujours dans le cadre de l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel et l’autre à 20 ans de prison dans une autre affaire relative au règlement par l’ex-compagnie aérienne Cameroon Airlines des factures à ses loueurs d’avions.

Depuis le 16 juin 2014, Jean Marie Atangana Mebara est reconnu comme prisonnier politique par le Comité de libération des prisonniers politiques au Cameroun (CL2P), une ONG basée en France. Avant son arrestation en août 2008,  il avait été pointé du  doigt par des bulletins des services spéciaux comme un membre du G11, groupe de jeunes proches collaborateurs qui envisageaient de succéder à Paul Biya en 2011.

En avril dernier, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples de l’Union africaine a donné 6 mois au Cameroun pour le libérer et lui verser des dédommagements à hauteur de 400 millions de F CFA. Le gouvernement camerounais n’a toujours pas répondu de façon officielle à cet avis de la Commission.

Michel Biem Tong

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juin 15, 2016 19:24