Cameroun : Justice : Inoni Ephraïm, prisonnier politique selon le Comité de Libération des Prisonniers Politiques

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juin 29, 2017 08:30 Mise à jour

Cameroun : Justice : Inoni Ephraïm, prisonnier politique selon le Comité de Libération des Prisonniers Politiques

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  • L’ancien secrétaire général adjoint à la présidence et ancien Premier Ministre fait désormais partie des détenus politiques défendus par l’ONG française vouée à la cause des détenus politiques en Afrique centrale suite à sa condamnation décidée par la Cour suprême mardi dernier.

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L’ancien secrétaire général adjoint à la présidence et ancien Premier Ministre fait désormais partie des détenus politiques défendus par l’ONG française vouée à la cause des détenus politiques en Afrique centrale suite à sa condamnation décidée par la Cour suprême mardi dernier.

« L’ancien premier ministre du Cameroun Ephraïm Inoni figure dorénavant au nombre des prisonniers politiques camerounais reconnus par le CL2P, au regard notamment de sa condamnation inique avec l’ancien Secrétaire Général à la Présidence de la République Jean-Marie Atangana Mebara par le Tribunal Criminel Spécial (TCS), rendue définitive mardi 27 juin 2017 par la Cour Suprême du Cameroun », peut-on lire sur le site internet du Comité de libération des prisonniers politiques (CL2P). 

L’ancien secrétaire général adjoint N°2 fait donc désormais partie des détenus politiques camerounais défendus par l’ONG parisienne acquise à la cause des détenus politiques en Afrique centrale. Arrêté le 16 avril 2012, Chief Inoni Ephraïm est accusé du détournement de 1,7 milliards de F CFA dans le cadre de la gestion des créances de la défunte compagnie aérienne Cameroon Airlines.

Maintenu en prison sans preuve

Dans le premier volet de l’accusation, il est accusé du détournement de 283 millions de F CFA dans le cadre de l’attribution d’un marché de gré à gré en procédure d’urgence au cabinet APM, société dont il était le président du Conseil d’administration. A aucun moment, la justice camerounaise n’a démontré qu’Inoni Ephraïm a « obtenu » ou « retenu » tout ou partie de ce pactole dans le cadre de ce marché qu’il n’a ni négocié, ni signé. Bien plus, celui qui a signé ce marché au nom du cabinet a été acquitté.

Inoni-Ephraim

Ephraïm Inoni

Pour ce qui être de l’autre volet de l’accusation, à savoir la distraction de 1,4 milliards de F CFA, il s’agit d’un montant débloqué par le ministre des Finances de l’époque. Le destinataire qu’était le loueur d’avion australien Ansett a accusé réception des fonds.

Pourquoi le caractère politique de sa détention ?

D’après des informations concordantes recueillies par hurinews.com auprès d’anciens proches collaborateurs de l’ancien Premier Ministre, qui ont requis l’anonymat, Inoni Ephraïm aurait émis des réserves suite au limogeage en septembre 2007 des ministres de la Santé, Urbain Olanguena Awono, de l’Economie et des Finances, Polycarpe Abah Abah, et des Relations Extérieures, Jean Marie Atangana Mebara. Ces derniers ont été présentés par la presse locale comme des membres du G11.

Dans un câble diplomatique américain de Wikileaks du 22 février 2007, Ephraïm Inoni est considéré comme une personnalité « intègre, compétente et bien positionnée » parmi les potentiels successeurs de Paul Biya. De plus, le porte-parole du gouvernement, au cours d’une conférence de presse le 10 mars 2016  a déclaré sans ambages : « Je voudrais parler ici de la question relative aux procédures judiciaires visant certaines personnalités de premier plan, qu’il s’agisse de hauts commis de l’État ou de personnalités du monde des affaires, dans le cadre de la lutte menée par le Chef de l’État (et non par une justice libre et indépendante, ndlr)». De quoi démontrer à suffire le caractère politique de la détention d’Inoni Ephraïm.

hurinews.com

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par Louis MBANGA juin 29, 2017 08:30 Mise à jour