Cameroun : Justice : Le REDHAC et Le Tribunal Article 53 appellent à la libération de l’écrivain Patrice Nganang

Louis MBANGA
par Louis MBANGA décembre 8, 2017 06:58

Cameroun : Justice : Le REDHAC et Le Tribunal Article 53 appellent à la libération de l’écrivain Patrice Nganang

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  • L’intégralité du communiqué du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale suite au kidnapping de l’écrivain et universitaire camerounais Patrice Nganang.

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L’intégralité du communiqué du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale suite au kidnapping de l’écrivain et universitaire camerounais Patrice Nganang.

Douala-Cameroun, 07 décembre 2017 :Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), TRIBUNAL ARTICLE 53, Association de défense de Droits Humains au Cameroun,  dénoncent avec leur dernière énergie l’enlèvement, l’arrestation et la détention arbitraire de leur collègue Alain Patrice NGANANG, Activiste des Droits Humains, Ecrivain Camerounais par certains agents de la police de l’Aéroport International de Douala, le mercredi 06/12/2017  aux environs de 11 h alors qu’il embarquait sur le vol Kenya Airways n°KQ577 (Douala-Nairobi, Nairobi-Harare) à destination de Harare au Zimbabwe.

 

Les faits :

Le 27 octobre 2017, Alain Patrice NGANANG, Activiste des Droits Humains, Ecrivain Camerounais, résidant aux USA est arrivé  au Cameroun afin de terminer  ses recherches à propos de la parution  de son prochain livre sur le génocide des peuples Bamilékés intitulé : « le maquis », et d’apporter  son soutien aux populations et activistes des Régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest. C’est ainsi qu’accompagné de Me NKONGHO Felix  AGBOR BALLA, ils sont allés remettre les produits de 1ère nécessité aux activistes et manifestants arrêtés dans le cadre de la crise dite anglophone à la Prison Centrale de Buea au Sud Ouest.

Durant son séjour  de 3 semaines au Cameroun, Alain Patrice NGANANG n’a jamais été inquiété par les forces de sécurité ou de la police.

Tout commence le 06 décembre 2017 à 10h du matin, lorsque, accompagné de M. Gérald KUISSU, un autre activiste, il se rend  à l’aéroport, où il s’enregistre sans problème. C’est au moment de l’embarquement autour de 11H que certains agents de sécurité de l’aéroport l’interpellent et le débarquent de l’avion pour une destination qui reste jusqu’à ce jour inconnue.

le 07 décembre 2017, par un appel téléphonique, Madame NGANANG qui réside à Harare informe M. Gérald KUISSU que, Alain Patrice NGANANG n’est jamais arrivé à Harare. Ce dernier y allait pour rendre visite à sa famille et tenir une série de conférences relatives à  la « Crise dite Anglophone ».

Pour le REDHAC et TRIBUNAL ARTICLE 53, , Alain Patrice NGANANG a été enlevé par certains agents de police de l’aéroport international  de Douala et conduit dans un lieu inconnu et secret Jusqu’à cette heure, il n’a pas pu avoir accès à sa famille, à ses avocats, ni aux Organisations de défense des Droits Humains, en violation flagrante des normes et traités des droits humains. Nous craignons qu’il soit entrain de subir des tortures et autres traitements inhumains et dégradants.

De tout ce qui précède :

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) et TRIBUNAL ARTICLE 53:

CONDAMNENT  avec fermeté l’enlèvement, l’arrestation et la détention arbitraire et au secret de leur collègue Alain Patrice NGANANG, Activiste des Droits Humains, écrivain camerounais, par certains agents de la police de l’aéroport International de Douala

DENONCENT  les pratiques de certains de ces agents de maintien de l’ordrequi violent en toute impunité les conventions et les traités relatifs à l’Etat de Droit’’ ;

APPORTENT tout son soutien à  Alain Patrice NGANANG, à ses proches et à tous les défenseurs des droits humains, et activistes du Cameroun en particulier ceux qui sont impliqués dans la crise sociopolitique des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;

TOUT EN CONDAMNANT DES ASSASSINATS DES 6 SOLDATS TUES DANS LE NORD OUEST ET SUD OUEST PAR LES PERSONNES NON ENCORE IDENTIFIEES, LE REDHAC ET TRIBUNAL ARTICLE 53, restent préoccupé par les propos du chef de l’Etat DU30 novembre 2017, qui a pris parti pour Les agents de sécurité alors que depuis novembre 2016, de nombreux camerounais ont été assassinés par certaines de ces forces, d’autres restent arbitrairement détenus dans les prisons y compris NGANANG ce jour.

patrice nganang

LE REDHAC et TRIBUNAL ARTICLE 53, RAPPELLENT que le rôle principal du Chef de l’Etat est de protéger tous les citoyens vivant sur le territoire camerounais, sans discrimination.

C’EST POURQUOI, le  REDHAC  et TRIBUNAL ARTICLE 53 URGENT les autorités camerounaises de:

LIBERER sans condition et à l’immédiat leur collègue Alain Patrice NGANANG  et  tous les autres activistes précédemment arrêtées dans le cadre de cette crise ;

PRENDRE toutes les mesures appropriées pour assurer et garantir l’intégrité physique, morale et psychologique de Alain Patrice NGANANG, de sa famille, de ses proches et ainsi que de tous les activistes et défenseurs encore en détention dans le cadre de cette crise, conformément aux dispositions de :

la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples(CADHP) en ses articles 4 :«  la personne humaine est inviolable. Tout être humain a droit au respect de sa vie et à l’intégrité physique et morale de sa personne : nul ne peut être privé arbitrairement de ce droit », article 6 :  « Tout individu a droit à la liberté et la sécurité de sa personne », article 9 : « Toute personne a droit à l’information. Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlements. »;

du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques(PIRDCP) des Nations Unies en particulier l’article 9 : « Droit à la Liberté à la Sécurité de la personne » ; l’article 19 : « droit à la liberté d’expression et d’opinion » ;

Le REDHAC et TRIBUNAL ARTICLE 53 RAPPELLENT  aux autorités camerounaises que l’Etat du Cameroun est signataire de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques (PIRDCP), par conséquent, il a l’obligation de respecter scrupuleusement  ces instruments.

L’Etat du Cameroun est  responsable de la sécurité et la protection physique, psychologique des Défenseurs des Droits Humains et des Activistes,  conformément à la Déclaration des Nations des Défenseurs de 1998, la Déclaration de Kigali de 2003, la Déclaration de Grand Baie de 1999.

 

Louis MBANGA
par Louis MBANGA décembre 8, 2017 06:58
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