Cameroun : Justice : Le réfugié politique D. Ambassa Zang répond au journaliste Sismondi B.Bidjocka

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 11, 2016 15:04 Mise à jour

Cameroun : Justice : Le réfugié politique D. Ambassa Zang répond au journaliste Sismondi B.Bidjocka

Sur la page facebook dédiée à la défense des prisonniers politiques reconnus comme tels par l’Ong française Comité de libération des prisonniers politiques au Cameroun, le journaliste en service à la Radio Tiemeni Siantou à Yaoundé a promis des révélations sur les malversations financières de l’ancien ministre des Travaux publics aujourd’hui réfugié politique en France. L’intégralité de la réponse de Dieudonné Ambassa Zang à Sismondi Barlev Bidjocka.

Sur la page Facebook « Soutenons Les Prisonniers Politiques Camerounais » qu’il a créée, Monsieur Michel BIEM TONG a publié tard en soirée le 10 mars 2016 un article intitulé « Comment Ambassa Zang a été persécuté et contraint à l’exil ». En réaction, Mr SISMONDI BIDJOCKA a écrit ce qui suit le même jour à 21h59 : « Michel, avant de partir, l’ancien Directeur de l’AFD et la GTZ m’ont donné tout le dossier Ambassa Zang. J’ai repris ses deux heures d’interview avec Cyrille Ekwalla, minute by minute. Il y a des choses que je me prépare à publier bientôt. DAZ (Dieudonné Ambassa Zang, ndlr) a plein de casseroles ». Je souhaite avec vif intérêt la publication dans les meilleurs délais de ces « choses » dont parle l’intéressé, espérant seulement qu’il daignera bien recueillir au préalable mes observations comme tout bon Journaliste sorti de Lille (France).

Loi de blocage

Au regard de la position de l’AFD sur la question de la communication des pièces, craindre qu’il ne s’agisse pas là d’un simple effet d’annonce. Je voudrais à cet égard me permettre de faire savoir qu’en réponse à ma demande de communication de pièces adressée au Directeur de l’AFD-Agence du Cameroun par correspondance du 07 septembre 2013 dans le souci de bâtir ma défense, le Cabinet d’Avocats WEIL, GOSTHAL & MANGERS LLP sis 2, Rue de la Baume 75000 PARIS (France), agissant en qualité de Conseil de l’AFD, a fait savoir par lettre datée du 26 septembre 2013 à mon Conseil Maître EBA’A MANGA (Avocat au Barreau du Cameroun) qu’une suite favorable ne pouvait être réservée à ma demande en vertu des dispositions de la loi de blocage 68-678 du 26 juillet 1968 modifiée et complétée par la loi 80-538 du 16 juillet 1980. Mes Conseils basés en Europe, l’Union Interparlementaire et l’association de droit français dénommée « Comité de Libération des Prisonniers Politiques Camerounais » (CL2P) ont également adressées des demandes de communication de pièces relatives à l’opération de réhabilitation du pont sur le Wouri et l’AFD a opposé à chaque fois une fin de non-recevoir, sous le même prétexte.

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Présomption d’innocence

Mr SISMONDI BIDJOCKA affirme ni plus ni moins ma culpabilité au regard des graves faits mis à ma charge par les Vérificateurs du Contrôle Supérieur de l’État relativement à ma gestion des opérations de réhabilitation des ponts sur le Wouri (Douala) et sur la Sanaga (Ebebda). Lesdits faits ont été requalifiés en crime de détournement de deniers publics par le Tribunal Criminel Spécial alors qu’ils ne répondent ni à la définition ni aux éléments constitutifs visés aux articles 74 et 184 du Code Pénal du Cameroun. Ayant introduit un pourvoi en cassation auprès de la Section Spécialisée de la Cour Suprême à la suite du verdict du Tribunal Criminel Spécial, le moins que l’on puisse dire c’est que l’intéressé a bafoué le principe de la présomption d’innocence. Par ailleurs, je tiens ici à regretter et à dénoncer le caractère mensonger et diffamatoire de son propos.

Ma condamnation par contumace à vie avec déchéance à vie de mes droits le 18 juin 2015 par le Tribunal Criminel Spécial, est l’aboutissement d’un procès inéquitable au sens de l’article 14 du Pacte International relatif aux droits Civils et Politiques. Ainsi, et à titre d’exemple, je n’ai pas eu le droit de me défendre ou de me faire assister par mon avocat. À la vérité, cette lourde condamnation pour me bannir à vie du Cameroun pour des raisons inavouées relève de ces erreurs judiciaires fustigées par le Premier Président de la Cour suprême dans son allocution du 23 février 2016 à l’occasion de l’audience solennelle marquant la rentrée de la Magistrature.

Financement du pont d’Ebeda et sur le Wouri

Pour la bonne information de  l’opinion publique tant nationale qu’internationale, afin de rétablir la vérité, il est crucial de réitérer que : (i)-S’agissant de l’opération du pont sur la Sanaga (Ebebda), je suis accusé d’avoir payé la somme de 1,2 milliard FCFA à UDECTO au titre des avances de démarrage et d’achats de 2 matériels, une entreprise qui était déjà défaillante sur l’opération de réhabilitation du pont sur le Wouri. La vérité est que le marché y afférent a été signé en juin 2005, après ma sortie du Gouvernement en décembre 2004, par mon successeur Mr MARTIN OKOUDA. Comment aurais-je pu venir payer une telle somme étant au « quartier » ? (ii)-S’agissant de l’opération de réhabilitation du pont sur le Wouri (Douala), je suis accusé d’avoir détourné la somme de 4,8 milliards FCFA. La vérité est que l’argent du prêt octroyé au Cameroun par l’AFD (12 millions d’euros) a été géré par ce bailleur de fonds lui-même. Mieux, le prétendu détournement de 4,8 milliards FCFA est en réalité la propre évaluation faite par les Autorités Camerounaises du préjudice subi par notre pays du fait de l’abandon du chantier des travaux par l’entreprise UDECTO. C’est donc une question de responsabilité contractuelle et non de détournement de denier public. Cette entreprise a décidé d’abandonner le chantier en janvier 2006. Je n’étais plus en fonction depuis décembre 2004. Au surplus, la Cour Arbitrale de la CCI de Paris a pleinement réglé cette question dans sa sentence rendue en juillet 2010 en condamnant l’entreprise UDECTO à verser la somme de 3,2 milliards FCA au Cameroun, en réparation du préjudice subi.

« L’Afd ne m’a pas porté plainte »

Il est à noter que les Juges Arbitres sont descendus sur le terrain à Douala. Très sérieusement encore, le Cameroun a saisi auprès de la banque camerounaise CBC les cautions données par UDECTO à hauteur de 2,8 milliards, argent dont la destination reste un mystère d’où ma lettre de dénonciation d’une dizaine de pages en date du 18 décembre 2015 au Président de la CONAC. Enfin, il est utile de souligner que la Directrice Générale de l’AFD a indiqué dans sa lettre du 7 janvier 2014 à l’Union Interparlementaire qu’au regard des poursuites engagées à mon encontre, l’AFD tenait à préciser qu’elle n’avait déposé aucune plainte contre moi au sujet de mes activités au sujet de la réhabilitation du pont sur le Wouri, contrairement à ce que les Autorités Camerounaises avaient affirmé.

Les Camerounaises et Camerounais se doivent de savoir que, fort de l’analyse de tous les éléments et pièces justificatives probantes produits tant par l’État du Cameroun que moi-même, dans le cadre d’une démarche contradictoire, le Conseil Directeur de l’Union Interparlementaire a pris une position forte en affirmant dans sa Décision adoptée à l’unanimité à sa 197ème session tenu à Genève le 21 octobre 2015 qu’il « est convaincu que la procédure ayant abouti à sa condamnation (Ambassa Zang) est entachée d’irrégularités telles qu’elles ne peuvent en aucun cas justifier sa condamnation; craint qu’en réalité, les divers éléments inquiétants du dossier, pris ensemble, donnent beaucoup de poids à l’accusation selon laquelle il a fait l’objet d’une procédure pénale fondée sur des motifs étrangers au droit ». Et cette instance ne s’est pas arrêtée là, ajoutant qu’elle « espère sincèrement que dans sa décision sur la demande d’annulation de la condamnation, la Cour Suprême tiendra dûment compte des différents vices dont est entachée la procédure ». (http://www.ipu.org/hrf/197/CM01.pdf).

Ces extraits de la plus récente Décision de l’Union Interparlementaire sur mon cas devraient appeler les uns et les autres à plus de retenue. Dans toutes les affaires de l’Opération Épervier, la préoccupation de toutes et tous devrait être l’intérêt général, c’est-à- dire la recherche de la manifestation de la vérité en dehors de toutes autres considérations personnelles et/ou partisanes.

 

Fait le 11 mars 2016

 

Dieudonné AMBASSA ZANG

 

*Les intertitres sont de la rédaction

Tout sur l’affaire Ambassa Zang ici

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 11, 2016 15:04 Mise à jour

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