Cameroun : Justice : Les prisons secrètes interdites d’accès à la Commission nationale des droits de l’homme

Louis MBANGA
par Louis MBANGA septembre 17, 2017 08:30

Cameroun : Justice : Les prisons secrètes interdites d’accès à la Commission nationale des droits de l’homme

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  • Le ministère de la Défense refuse de répondre à la sollicitation de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés d’effectuer une visite sur les lieux de détention secrète où croupissent des personnes accusées de « terrorisme ».

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Le ministère de la Défense refuse de répondre à la sollicitation de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés d’effectuer une visite sur les lieux de détention secrète où croupissent des personnes accusées de « terrorisme ».

La Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) ne décolère pas. Alors qu’elle voudrait effectuer une visite dans les cellules de la Direction générale de la recherche extérieure (services secrets), du secrétariat d’Etat à la défense (siège de la gendarmerie nationale) et de la Direction de la surveillance du territoire, tous basés à Yaoundé, les autorités camerounaises l’en empêchent : « toutes ces réticences constituent une atteinte à la loi et représente un obstacle à l’exécution des missions qui lui (à la Commission, ndlr) sont assignées », indique le président de la Commission, Chemuta Divine Banda, dans un communiqué de presse rendu public le 15 septembre dernier.

Dr Chemuta Banda

Dr Chemuta Divine Banda, président de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés

D’après le communiqué, le 11 août dernier, le président de la Cndhl a adressé une correspondance au commissaire du gouvernement (procureur) près le Tribunal militaire de Yaoundé pour lui signifier l’intention de la Commission de visiter des lieux de détention secrets où ont été jetées des personnes interpellées dans le cadre de la crise anglophone et de la lutte contre la secte islamiste Boko Haram et accusées d’« actes de terrorisme ». Dans cette démarche, le président de la Cndhl dit s’appuyer sur les dispositions de l’article 2 de la loi du 22 juillet 2004 portant création, organisation et fonctionnement de la Cndhl qui subordonne la visite des lieux de détention à la présence du procureur.

Dans sa réponse, lit-on dans le communiqué, le commissaire du gouvernement dit n’avoir pas reçu d’autorisation de sa hiérarchie qui est la direction de la justice militaire du ministère de la Défense. Dans une correspondance du 22 août adressée au président de la Commission, le secrétariat d’Etat à la défense suggère la saisine préalable du ministre délégué à la présidence en charge de la Défense de qui dépend la direction de la justice militaire. Autrement dit, depuis plus d’un mois, la Cndhl est suspendue à cette autorisation du ministère de la Défense qui n’a toujours pas donné suite à ses sollicitations. D’après le communiqué, le dernier rapport d’Amnesty international sur le Cameroun y est pour beaucoup dans cette idée de la Commission de visiter ces lieux de détention.

Michel Biem Tong

Louis MBANGA
par Louis MBANGA septembre 17, 2017 08:30