Cameroun : Liberté de réunion : Autorités administratives et acteurs de la société civile veulent accorder leurs violons

Louis MBANGA
par Louis MBANGA janvier 25, 2016 20:00

Cameroun : Liberté de réunion : Autorités administratives et acteurs de la société civile veulent accorder leurs violons

Initié par le Réseau camerounais des organisations des droits de l’homme, un atelier de renforcement des capacités à leur intention s’est ouvert ce lundi 25 janvier 2016 à Yaoundé. L’objectif est de permettre une meilleure compréhension par tous les acteurs de la loi régissant les manifestations et réunions publiques au Cameroun.

Lever toute incompréhension entre l’administration et les organisateurs d’événements. Tel semble être l’objectif de l’atelier qui a démarré ce lundi 25 janvier 2016 au centre Jean XXIII de Mvolyé à Yaoundé. Il est question pour le Réseau camerounais des organisations des droits de l’homme (Recodh) de permettre le renforcement des capacités aussi bien des partis politiques, des acteurs de la société civile que des autorités administratives et des forces de l’ordre en matière de liberté de réunion et manifestation publiques. Pour ce faire, la loi du 19 décembre 1990 portant régime des réunions et des manifestations publiques au Cameroun a été retournée sur toutes ses facettes.

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Au cours des exposés et échanges modérés par Léopoldine Akoa, magistrate en service au tribunal de grande instance du Mfoundi (Yaoundé), par ailleurs membre de l’Association camerounaise des femmes juristes (Acafej), l’on a appris par exemple qu’une autorité administrative qui ne délivre pas de récépissé de déclaration à des organisateurs d’une réunion ou d’une manifestation commet une infraction pénale, à savoir « refus d’un service dû ». Les participants ont également retenu que le sous-préfet doit immédiatement délivrer un récépissé une fois avoir été notifié de la déclaration de manifestation. Par ailleurs, l’autorité administrative peut, même après avoir accordé un récépissé, interdire une manifestation ou une réunion s’il estime que l’une ou l’autre est susceptible de porte atteinte à l’ordre public.
Partage d’expérience
A cette occasion, des membres de la société civile tels que Jean Bosco Talla de La Grande Palabre et Barthélémy Tchaleu de l’Association de défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec) ont partagé avec l’assistance les entraves auxquelles ils ont eu à faire face dans l’organisation de réunion et de manifestations publiques ces derniers mois. Pour Jean Claude Sobdzeu, responsable de l’Union démocratique camerounaise (Udc), un parti d’opposition, il est question que l’Etat réfléchisse à protéger les autorités administratives qui résistent aux pressions du politique en refusant d’interdire une manifestation ou une réunion publique.

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L’atelier s’achève ce mardi 26 janvier 2016. Il est attendu à l’issue de ces travaux entre autres la rédaction d’un draft de réponse de l’autorité administrative suite à une déclaration de réunion et de manifestation publiques. Cet atelier intervient dans un contexte où les réunions et manifestations publiques sont régulièrement interdites du fait soit du zèle des autorités administratives, soit de la méconnaissance des textes par les organisateurs d’événements.
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Louis MBANGA
par Louis MBANGA janvier 25, 2016 20:00