Cameroun: Liberté d’expression: Une conférence-débat interdite par les autorités préfectorales

Louis MBANGA
par Louis MBANGA novembre 6, 2014 15:08 Mise à jour

Cameroun: Liberté d’expression: Une conférence-débat interdite par les autorités préfectorales

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Jean Bosco Talla, point focal de La Grande Palabre

Alors qu’elle devait se tenir dans un hôtel de Yaoundé ce jeudi 6 novembre 2014 dès 14h, la conférence-débat mensuel baptisée « La Grande Palabre » a été annulée par les autorités préfectorales de la ville. Pour son organisateur, Jean Bosco Talla, qui était face à la presse en cette fin de matinée, les motivations de cette interdiction sont politiques.

Ce 6 novembre 2014 au Cameroun, le président camerounais Paul Biya célèbre 32 ans de pouvoir. Pour ses lieutenants, la liberté d’expression dont jouissent les Camerounais  est à verser dans le « bilan largement positif »  du pouvoir en place depuis 1982. C’est pourtant à cette même date que « La Grande Palabre », conférence-débat qui se tient chaque mois dans un hôtel de Yaoundé et ce depuis 4 ans, a été interdite par le sous-préfet de Yaoundé 1er.

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Jean Bosco Talla face à la presse au siège de la Centrale Syndicale du secteur public à Yaoundé

Dans une note signée le 3 novembre dernier, Tsanga Foe Jean Paul explique cette interdiction par le fait que l’objet de la conférence-débat « en date du 06  novembre 2014, est contraire aux dispositions de la loi sur la communication sociale et au récépissé de dépôt de déclaration de votre organe presse « , écrit l’autorité administrative. Autrement dit, organiser une conférence-débat ne fait pas partie des missions d’un organe de presse. Mais pour le journaliste et activiste des droits de l’homme, Jean Bosco Talla « la note du sous-préfet est politique…c’est la preuve qu’en réalité le Cameroun n’est pas un pays de démocratie alors qu’on est censé célébrer ce jour 32 ans de démocratie et de liberté », a tranché l’initiateur de La Grande Palabre au cours d’un point de presse ce jeudi au siège de la Centrale syndicale du secteur public au quartier Mvog Ada à Yaoundé.

Le siège de la Centrale syndicale du secteur public au quartier Mvog Ada à Yaoundé

Le siège de la Centrale syndicale du secteur public (Csp) au quartier Mvog Ada à Yaoundé

Le directeur de publication du journal Germinal en veut pour preuve, un récépissé de déclaration signé du même sous-préfet le 14 octobre 2014 autorisant une conférence-débat organisée par le journal Germinal et qui devait se tenir 2 jours plus tôt. Pour Jean Bosco Talla, c’est le profil de l’invité à la conférence-débat prévu ce 6 novembre qui semble faire problème: « si j’avais invité un fidèle au régime Biya, on aurait autorisé cette conférence parce qu’il en aurait profité pour distribuer des bons points au pouvoir en place.

Christopher Fomunyoh fait-il peur au régime?

L’ édition de La Grande Palabre de ce mois avait pour invité, Christopher Fomunyoh, directeur Afrique du National democratic institute. Ce dernier est reconnu pour ses positions assez critiques envers le pouvoir de Yaoundé, notamment en période électorale. La conférence devait porter sur le thème « institutions démocratiques, liberté, gouvernance économique et sociale: quelle perspective pour le Cameroun et l’Afrique aujourd’hui et demain? »

La Grande Palabre n’est pas à sa première interdiction.

Michel Biem Tong

Louis MBANGA
par Louis MBANGA novembre 6, 2014 15:08 Mise à jour