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Cameroun : Lutte contre Boko Haram : Amnesty International accable les services secrets

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Dans un rapport d’une cinquantaine de pages présenté à la presse ce jeudi 14 juillet à Yaoundé, l’ONG internationale accuse la Direction générale de la recherche extérieure de torture et d’avoir causé des morts de personnes détenues au secret dans le cadre de la lutte contre Boko Haram. Le Bataillon d’intervention rapide, unité spéciale de l’armée camerounaise, est également épinglé dans ce rapport.

« Au lieu d’être transféré en prison, j’ai été emmené directement à la Dgre (Direction générale de la recherche extérieure, ndlr) avec deux autres hommes. On nous a demandé de retirer nos vêtements et nous étions complètement nus…Nous avons été battus à l’aide d’outils qui ressemblaient à un fouet et une machette. J’ai même reçu des coups sur les parties génitales… », raconte un homme détenu à la Drge, les services de contre-espionnage camerounais. Ce témoignage glaçant est contenu dans un rapport de 55 pages présenté à la presse ce jeudi 14 juillet 2016 à Yaoundé par les responsables Afrique de l’Ouest et Centrale de Amnesty International.

Intitulé « Bonne cause, mauvais moyens : atteinte aux droits humains et à la justice dans le cadre de la lutte contre Boko Haram au Cameroun », le rapport accuse la Dgre de nombreuses exactions envers des personnes soupçonnées d’appartenir à la secte islamiste Boko Haram. Amnesty International dans ce rapport dit avoir recueilli des témoignages d’anciens détenus selon lesquels la Dgre a maintenu en détention et torturé des personnes dans des cellules obscures et souterraines : « Ousmane…un ancien détenu à la Dgre actuellement incarcéré à la prison centrale de Yaoundé, a dit à Amnesty International qu’après son arrestation en août 2014, il a été détenu au secret pendant 50 jours. Il a été battu et humilié à plusieurs reprises par des agents de sécurité », lit-on dans le rapport.

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Le directeur Afrique de l’Ouest et Centrale d’Amnesty International (en gandoura de couleur verte) face aux médias à Yaoundé.

Justice militaire inéquitable

Amnesty International est également revenu sur le cas du correspondant de Radio France International en langue haoussa, Ahmed Abba, qui a été transféré en août 2015 du Groupement mobile d’intervention (police) de Maroua pour la Dgre à Yaoundé où non seulement il a été torturé pendant 3 mois mais aussi a été coupé de tout contact avec ses avocats et sa famille. Le Bataillon d’intervention rapide (Bir), unité spéciale de l’armée camerounaise, est également accusé de meurtres, de  tortures et de détention au secret de personnes soupçonnées d’être membre de la secte islamiste ou de soutenir cette dernière.

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première de couverture du rapport sur la lutte contre Boko Haram dans la partie septentrionale du Cameroun

Le rapport d’Amnesty International remet également en cause les procédures judiciaires devant les tribunaux militaires qui, d’après l’ONG, sont irrégulières. L’organisation souligne entre autres l’absence d’indépendance des magistrats militaires, des procès sur la base de preuves « peu fiables », le recours systématique à la peine de mort, etc. Ce rapport est le fruit de deux missions d’Amnesty International en février et avril 2016 ainsi que d’entretiens téléphoniques réalisés entre octobre 2015 et mai 2016. Le contenu de ce rapport ne laisse point le gouvernement camerounais indifférent. Au sortir d’une rencontre la veille avec Alioune Thine, directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre d’Amnesty International, le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary s’est dit «surpris par ce qui apparaît comme une sorte de sympathie que manifeste Amnesty International vis-à-vis de cette cohorte de bandits (Boko Haram, ndlr) ».

hurinews.com

 

 

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  1. […] en total déphasage avec la réalité. Telle est la position du gouvernement camerounais relatif au dernier rapport d’Amnesty International rendu public le 14 juillet dernier. Au cours d’une conférence de presse ce mercredi 20 juillet […]

  2. […] goutte d’eau de trop. Pour le gouvernement camerounais, le dernier rapport d’Amnesty International sur la situation des droits de l’homme dans la lutte con… en est une. Lors de la présentation de ce rapport intitulé « bonne cause, mauvais moyens : […]