Cameroun: Opération anti-corruption: L’affaire Ambassa Zang reportée au 12 janvier prochain.

Louis MBANGA
par Louis MBANGA janvier 8, 2015 19:07 Mise à jour

Cameroun: Opération anti-corruption: L’affaire Ambassa Zang reportée au 12 janvier prochain.

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Du fait de l’absence des conseils des accusés et du chamboulement du collège des juges, le procès de l’ancien ministre des Travaux publics, réfugié politique en France, a été renvoyée à une date ultérieure. 

Juste une dizaine de minute. Le temps pour la collégialité(l’un des membres ayant été remplacé)  chargée de connaitre de l’affaire Ambassa Zang de constater l’absence des conseils des accusés. La cause a été renvoyée au 20 janvier prochain. C’était ce jeudi 8 janvier 2015 au Tribunal criminel spécial (Tcs)de Yaoundé, chargé de connaître des crimes de détournements de deniers publics d’un montant de 50 millions de F Cfa et plus. Le procès a déjà franchi la phase de la présentation par les accusés des moyens de leur défense.

L’ancien ministre des Travaux publics (août 2002-décembre 2004) et 4 de ses co-accusés ( 2 cadres contractuels d’administration, un administrateur civil principal et un ingénieur des travaux de génie civil) sont accusés d’avoir détourné la somme d’environ 5 milliards de F Cfa.

Selon le Tcs, Dieudonné Ambassa Zang est accusé entre autres entre 2002 et 2004 d’avoir « irrégulièrement » annulée les frais de pénalité de retard d »un montant de plus de 10 millions de F Cfa pour le compte d’une entreprise ainsi que d’avoir confié un marché de gré à gré de près de 4,9 milliards de F Cfa à Udecto, une entreprise « en déconfiture et en période suspecte de faillite » chargée de réhabiliter le pont du Wouri. L’ancien ministre est également accusé d’avoir fait payer des indemnités et des perdiems de plusieurs centaines de millions aux membres des commissions interministérielles et de passation des marchés.

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Ambassa Zang balaie tout d’un revers de la main

 

Des accusations que réfute Dieudonné Ambassa Zang qui affirme concernant les frais de pénalité annulée que la commission de passation des marchés compétente a été consultée comme l’exige la loi sur les marchés publics. Ceci au cours d’une réunion tenue le 19 avril 2004 à Yaoundé avec les membres de ladite commission des marchés compétentes(il y en avait 3 à l’époque au ministère des Travaux publics).

Pour ce qui du marché de réhabilitation du pont sur le Wouri, M.Ambassa Zang soutient que le marché de gré à gré passé non pas à Udecto mais au groupement UDECTO/ETIC a été autorisé par le Premier ministre comme l’exige la loi avec l’avis favorable de l’Agence française pour le développement (Afd), bailleur de fonds du projet. S’agissant de la capacité de l’entreprise bénéficiaire du marché, Ambassa Zang a toujours soutenu que « les capacités technique et financière de l’entreprise UDECTO ont  été « validées » par la Commissions de Passation des Marchés des travaux neufs ». Quant au paiement illégal des per diem, l’ex-député de la Mefou Afamba reproche aux juges du Tcs de ne pas évoquer la loi qui aurait été violée.

Dieudonné Ambassa Zang, réfugié politique en France depuis 2010, regrette que son procès se soit ouvert alors que la procédure devant le Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe)  est encore en cours. Il s’est toujours plaint de n »avoir pas pu donner sa version des faits devant cette institution dont les agents vérificateurs ont séjourné au ministère des Travaux publics en 2006 et en 2007.

 

Mobilisation internationale autour du député Ambassa Zang

C’est en août 2009 que son immunité parlementaire a été levée.A la demande du gouvernement qui exigeait qu’il soit mis à la disposition de la justice pour malversations financières. Ceci suite à la saisine par correspondance du ministre du Consupe, Etamè Massoma, au ministre de la Justice de l’époque, Amadou Ali. Ce n’est qu’en 2012 que M.Ambassa Zang a saisi la Commission de discipline financière du Consupe pour répondre aux accusations contre lui. Jusqu’à ce jour, le verdict du Consupe reste attendu.

L’Union interparlementaire, qui suit son procès de très près, a estimé, dans une déclaration faite le 29 novembre dernier, que les faits pour lesquels Dieudonné Ambassa Zang est poursuivi relève davantage des irrégularités de gestion que du « détournement de deniers publics ». Le Comité de libération des prisonniers politiques au Cameroun, mouvement lancé le 3 mai 2014 à Paris, s’est engagé le 26 novembre dernier à défendre sa cause.

Michel Biem Tong

Louis MBANGA
par Louis MBANGA janvier 8, 2015 19:07 Mise à jour