Cameroun: Opération anti-corruption: Les avocats de l’ex-directeur des Impôts dénonce la manipulation du montant des malversations financières

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 26, 2015 11:55 Mise à jour

Cameroun: Opération anti-corruption: Les avocats de l’ex-directeur des Impôts dénonce la manipulation du montant des malversations financières

Polycarpe Abah Abah

Polycarpe Abah Abah

L’audience du 25 mars dernier a été une occasion pour les conseils de Polycarpe Abah Abah de dénoncer les nombreux vices qui entachent cet autre procès en détournement de deniers publics après celui qui lui a valu une condamnation à 25 ans de prison en janvier dernier.

La justice camerounaise ne veut visiblement laisser le moindre répit à Polycarpe Abah Abah. A peine a-t-il écopé de 25 ans de prison le 13 janvier dernier que 6 jours plus tard, l’ancien directeur des Impôts (1999-2004) et ministre des Finances (décembre 2004-septembre 2007) devait à nouveau affronter les juges du Tribunal criminel spécial de Yaoundé pour une autre affaire de malversations financières.

Au cours de l’audience du 25 mars 2015, les conseils de M.Abah Abah ont tenu avant toute ouverture des débats à démêler l’écheveau de cette affaire. De prime abord, les avocats de l’ancien directeur des Impôts, par la voix de Me Nouga, ont dénoncé le grossissement par le juge d’instruction du montant du préjudice subi par l’Etat.

D’après Me Nouga, on est passé d’un détournement de 1 211 601 571 f Cfa dans une ordonnance rendu par le juge Evouh Ekanga le 21 novembre 2014 à des malversations portant sur une somme de 1 811 601 571 de F Cfa dans une autre ordonnance du juge d’instruction rendu 3 jours plus tard : « le montant a été grossièrement grossi et les nouveaux faits n’ont pas été notifiés à notre client », a conclu Me Nouga.

les avocats d'Abah Abah au cours d'une conférence de presse le 17 janvier 2015

les avocats d’Abah Abah au cours d’une conférence de presse le 17 janvier 2015

Le rapport du Sed

En plus des collusions jugées suspectes entre le représentant du Parquet à ce procès et le cabinet d’instruction (juge d’instruction, greffier), les avocats d’Abah Abah ont relevé que cette affaire a fait l’objet de questions orales à l’Assemblée Nationale en juin 2001.

A l’époque, le ministre de l’Economie et des finances de l’époque, Michel Meva’a M’Eboutou, avait dit devant les députés que cette affaire de détournements de deniers publics avaient fait l’objet d’une enquête du secrétariat d’Etat de la défense (Sed), la gendarmerie nationale. Le rapport qui en a découlé avait conclu à l’absence de malversations financières.

Par ailleurs, Abah Abah avait fait condamner pour diffamation devant le tribunal de première instance de Yaoundé, Peter William Mandio, à l’époque directeur de publication du journal Le Front. Ce dernier avait dans un article accusé l’ancien directeur des Impôts d’avoir distrait la somme mise à sa charge aujourd’hui par le Tcs. Peter William Mandio, aujourd’hui député, est partie civile à ce procès mais ne souhaite pas se présenter à l’audience.

La défense a, sur la base de ce qu’elle a qualifié de vices de procédure, exigé l’arrêt des poursuites contre leur client. L’affaire a été renvoyée au 14 avril prochain pour la réplique du ministère public à cette requête.

La rédaction

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 26, 2015 11:55 Mise à jour

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