Cameroun : Selon des défenseurs des droits de l’homme : Les pélérins camerounais n’étaient pas identifiés à la Mecque

Louis MBANGA
par Louis MBANGA novembre 13, 2015 14:15

Cameroun : Selon des défenseurs des droits de l’homme : Les pélérins camerounais n’étaient pas identifiés à la Mecque

D’après l’Association pour la défense et la promotion des droits de l’homme et des libertés (Asdeprod), le gouvernement camerounais veut toujours s’immiscer dans les affaires du hadj contrairement aux  directives de l’Arabie Saoudite qui datent de 2013. Conséquence, les pélérins camerounais sont considérés depuis lors comme persona non grata lors du pélérinage à la Mecque. L’Asdeprod exige l’ouverture d’une enquête sur le décès de certains pélérins camerounais lors de la bousculade à la Mecque en septembre dernier.

Le torchon brûle entre les pélérins camerounais et le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Le 9 novembre dernier, l’Association pour la défense et la promotion des droits de l’homme (Asdeprod) a rendu public un communiqué dans lequel elle exigeait une enquête de 5 mois suite à la bousculade survenue à la Mecque en Arabie Saoudite le 24 septembre dernier « en vue de garantir et améliorer la gestion et l’organisation du Hadj dans les années à venir », peut-on lire dans le communiqué.

En effet, cette association dénonce la mainmise du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd) sur l’organisation du hadj. Elle s’appuie ainsi sur une correspondance du consul général du Cameroun en Arabie Saoudite adressée au ministre de l’Administration territoriale le 1er mars 2013. Cette correspondance (voir ci-dessous) rappelle les nouvelles directives saoudiennes en matière de fonctionnement du hadj : « l’appellation ‘Commission nationale du hadj (nom du pays)’ne sera plus autorisée, elle doit être obligatoirement remplacée par « Bureau des affaires des pélérins ».

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Une vue de la Mecque en Arabie Saoudite

 

Décision de la Cour suprême

 

Mais dans les faits, le Minatd continue d’organiser le hadj avec tout ce que cela comporte comme dysfonctionnement : « les pélérins doivent arriver à La Mecque 2 semaines avant le pélérinage parce qu’il y a certains rites qu’il faut effectuer mais les pélérins camerounais arrivent 3 jours avant comme ce fut le cas l’année dernière et cette année, sans avoir effectué ces rites. En plus de cela, quand vous entrez à la Mecque, vous devez être identifé, vous devez avoir un badge que vous délivre la structure qui vous accompagne, mais les pélérins camerounais sont entrés à la Mecque sans le badge. Ce qui fait que c’était difficile d’identifier ceux qui sont morts dans la bousculade », explique Abraham H. Tchaobe, président de l’Asdeprod.

D’après ce leader d’association, l’accaparement de l’organisation du hadj par le gouvernement donne lieu à un certain marchandage : « sur les 2 millions de F Cfa cotisé par chaque pélérins, le Minatd argue de ce que 50 000 F Cfa est prélevé de ce montant par pèlerin et viré dans le compte de l’Etat, c’est une maffia qui est organisée », fulmine Abraham Tchaobe.  A en croire ce dernier, l’obtention du visa pour l’Arabie Saoudite coûte 6 00 000 F Cfa. Mais le Minatd exige 900 000 F Cfa aux pélérins afin de leur faciliter l’obtention du visa.

Rappelons qu’en plus des directives du gouvernement saoudien qui retire tout pouvoir d’organisation du hadj à la commission y afférant logée au Minatd, une décision N°93/OSE/CCA/CS/2010 de la Chambre administrative de la Cour suprême du 12 octobre 2010 dessaisi l’Etat du Cameroun de l’organisation du hadj. Mais ce dernier continue de faire la sourde oreille. Contacté par hurinews.com, le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, René Sadi, par ailleurs président de la commission nationale du hadj, était injoignable.

Bertin Ndo

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Extrait de la correspondance du consul général du Cameroun en Arabie Saoudite

 

 

Louis MBANGA
par Louis MBANGA novembre 13, 2015 14:15