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Cameroun : Selon le CL2P : La détention d’Achille Zogo Andela est politique

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L’ONG française Comité de Libération des Prisonniers Politiques reconnaît désormais cet homme d’affaires camerounais comme un détenu politique en raison de sa détention arbitraire reconnu récemment par l’ONU et de l’implication de certains hommes politiques camerounais dans ladite détention.  Accusé de malversations financières, Achille Zogo Andela est détenu à la prison centrale de Yaoundé depuis fin mars 2011.

Le 29 mars prochain, Achille Zogo Andela aura passé 7 bonnes années de détention à la prison centrale de Yaoundé. Sans être jugés. Pourtant, le délai de détention en matière de crime (le détournement de fonds publics en est un) au Cameroun est de 18 mois selon la loi.

Le 31 mars 2015, l’homme d’affaire camerounais a passé 5 ans sans être auditionné par un juge d’instruction qui l’a pourtant inculpé de détournements de deniers publics et rétention sans droit de la chose d’autrui. Suffisant pour que le Comité des droits de l’homme de l’ONU demande récemment à l’Etat du Cameroun de le libérer et de le dédommager.

Comptes bancaires scellés. Entreprises fermées. Activités économiques en berne. Désargenté, Achille Zogo Andela subit de plein fouet une impitoyable « machine à broyer » judiciaire depuis son interpellation le 29 mars 2011 à Douala par la police. Lui qui a cru fin des années 1990 aux discours officiels sur le caractère favorable du climat des affaires au Cameroun.

Achille Zogo Andela, au milieu de ses avocats, au sortir d’une audience au Tribunal criminel spécial

C’est dans ce contexte que son entreprise Société Anonyme Camerounaise de Leasing Maritime (SCLM) bénéficie d’un crédit-bail grâce au concours financier de de l’Etat via la Caisse autonome d’amortissement d’une vingtaine de milliards de F CFA. L’entreprise met en eau une vingtaine de bateaux de pêche.

Suite à de nombreuses tracasseries administratives, l’entreprise connaît des tensions de trésorerie avec pour conséquence l’impossibilité d’honorer ses loyers à l’Etat. En octobre 2008, la Caisse autonome d’amortissement porte plainte pour « détournement de fonds publics et rétention sans droit de la chose d’autrui ».

Son avocat, le franco-algérien Me Hakim Chergui, n’y croit pas du tout : « le système avait simplement besoin de faire du bruit autour de l’arrestation de Zogo Andela, de geler ses avoirs, de saisir les biens de sa société. Pas plus. Une fois sous écrou, le juger n’intéressait plus personne », a confié récemment l’avocat à nos confrères du magazine Le Courrier de l’Atlas.

Pour le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P), seuls les motifs politiques justifient son incarcération. L’ONG parisienne acquise à la cause des détenus politiques en Afrique centrale le considère comme un prisonnier politique suite à la décision de l’ONU de condamner l’Etat du Cameroun à le libérer et à le dédommager pour détention arbitraire. Il est évident que des mains noires tapies au sommet de l’Etat n’ont pas intérêt à voir l’homme d’affaires libre de ses mouvements.

hurinews.com

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