Cameroun : Terrorisme : 101 détenus torturés par les services secrets et l’armée

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juillet 20, 2017 08:56 Mise à jour

Cameroun : Terrorisme : 101 détenus torturés par les services secrets et l’armée

Grandes Lignes

  • D’après un rapport qu’elle vient de rendre public, Amnesty International fait état de traitements inhumains subis par des personnes soupçonnées d’intelligence avec Boko Haram, dans des centres de détention de la Délégation générale de la recherche extérieure (services secrets) et du Bataillon d’intervention rapide (BIR).

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D’après un rapport qu’elle vient de rendre public, Amnesty International fait état de traitements inhumains subis par des personnes soupçonnées d’intelligence avec Boko Haram, dans des centres de détention de la Délégation générale de la recherche extérieure (services secrets) et du Bataillon d’intervention rapide (BIR).

Une comptabilité qui donne des sueurs froides. Celle établie par Amnesty International. Dans un rapport de 74 pages intitulé « Chambres de torture secrètes au Cameroun : violation des droits de l’homme et crimes de guerre dans la lutte contre Boko Haram » qui vient d’être rendu public, Amnesty International fait les comptes.

D’abord le nombre de civils victimes de tortures dans le cadre de la lutte contre Boko Haram : 101 entre 2013 et 2017, d’après le décompte effectué par l’ONG internationale. Ensuite, les différentes méthodes de tortures subies par ces hommes, femmes, jeunes, handicapés physiques ou mentaux soupçonnés d’appartenance ou de complicité avec la secte islamiste.

BIR

Le Bataillon d’Intervention rapide

Amnesty International en a recensé 24 dont celle dite de « la chèvre » qui consiste à attacher les bras et les jambes d’un prisonnier ensemble derrière son dos et à le laisser sur le sol, celle de la « balançoire » selon laquelle le détenu reste suspendu au plafond ou à une barre fixée à deux poteaux à l’aide d’une corde et celle de la noyade dans un seau ou un tonneau d’eau. Des « traitements cruels et dégradants » qui, d’après les enquêtes d’Amnesty International, ont causé 23 morts entre octobre 2014 et décembre 2016.
140 entretiens
Selon le rapport, ces actes de tortures se sont perpétrés dans au moins 20 sites de détention que sont de nombreuses bases du Bataillon d’Intervention Rapide (unité d’élite de l’armée camerounaise) dans la région de l’Extrême-Nord, les locaux de la Délégation Générale de la Recherche Extérieure (services secrets camerounais), le Secrétariat d’Etat à la Défense (gendarmerie nationale) à Yaoundé et divers autres centres de la police ou de la gendarmerie à travers le pays.

amnesty rapport 1

Conférence de presse d’Amnesty International du 14 juillet 2016 à Yaoundé

Sollicité par Amnesty International pour leur version des faits relative à ce bilan comptable de la gestion de la lutte contre Boko Haram, les autorités camerounaises ont répondu par un silence, comme on peut le lire dans le rapport. Pour en arriver à cette comptabilité, l’ONG internationale a, entre juillet 2016 et mars 2017, « audité » les victimes, les proches des victimes et autres témoins. 140 entretiens ont été menés à Yaoundé, Maroua, Mora et plusieurs autres villes et villages de l’Extrême-Nord.

Michel Biem Tong

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juillet 20, 2017 08:56 Mise à jour