Cameroun:Affaire Ambassa Zang:Mystère autour du matériel informatique

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 15, 2015 13:23 Mise à jour

Cameroun:Affaire Ambassa Zang:Mystère autour du matériel informatique

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L’ancien secrétaire général du ministère des travaux publics n’auraient pas respecté les procédures concernant sa la ligne budgétaire, selon ses propres témoins.

« Y avait-il un texte de loi autorisant le secrétaire général (Sg) du ministère des travaux publics (Mintp) à céder des consommables aux personnels qui ne relevaient pas de sa ligne budgétaire ? ». C’est à cette question qu’ont, pour l’essentiel, essayé de répondre le ministère public (Mp), la défense et l’accusé Mengue Meka, ancien Sg du Mintp ce jeudi 12 mars 2014 au Tribunal criminel spécial de Yaoundé. D’après le témoin Ella, un ex-temporaire devenu chef du secrétariat du Sg, au moment du constat, 75% du matériel avaient été identifiés au Mintp. Il parlait des consommables retrouvés dans les bureaux. L’ancien collaborateur de M. Mengue Meka a cependant indiqué que certains personnels du Mintp qui sont allés en retraite, ont emporté certains ordinateurs tandis que d’autres auraient été affectés dans certains services déconcentrés.

Mais jusque là, il ne répondait pas aux préoccupations du tribunal conduit par Yap Abdou, assisté des juges Michel Onana et M. Awoung sur la cession des ordinateurs à des services qui ne relevaient pas directement de la ligne budgétaire du secrétariat général. Celui-ci a même été forcé de donner des exemples de cessions avant que les noms du cabinet du ministre des travaux publics et du secrétaire d’Etat ne soient prononcés, au rang de ceux qui ont eu droit à ces machines. Les services du directeur des routes ont également été cités. Ces zones d’ombre ainsi créées par les propos du témoin ont alors poussé le président à s’offusquer. « Le tribunal criminel spécial (Tcs) a été créé justement pour assainir l’Administration », a signifié Yap Abdou au témoin Ella. Aussi, devant ces explications peu convaincantes, « dites les choses comme elles devraient être. Encore que vous avez parlé du directeur des routes ; et vous pensez qu’il a vraiment besoin d’un ordinateur ? », a-t-il martelé.

Difficiles argumentations

Ni Mme Njenwa Stella Muto, comptable matière à l’époque des faits, ni Etoa Simon n’ont pu convaincre suffisamment le tribunal. En effet, a expliqué Mme Njenwa Stella, seuls les services déconcentrés du Mintp pouvaient bénéficier des consommables qui étaient préalablement attribué aux services centraux. Elle n’a cependant pas présenté la circulaire du ministère des finances (Minfi) autorisant cet acte de cession, pourtant évoquée par le témoin Ella, permettant au Sg dans son rôle d’animateur, de rétrocéder des matériels informatiques à des services ne relevant pas de sa ligne budgétaire. Quant à M. Etoa Simon, il était en fonction au Mintp depuis 2003, où il s’occupait de la cellule du projet Sigipes (Système informatique de gestion intégrée des personnels de l’Etat et de la solde) avant de quitter ce service en juin 2005.

Le principal accusé de cette affaire, l’ancien ministre des Travaux publics et ancien député Dieudonné Ambassa Zang, est toujours en France où il bénéficie du statut de réfugié politique. Accusé du détournement d’environ 5 milliards de F Cfa dans le cadre de la passation de marché pour la réhabilitation du pont sur le Wouri à Douala, de l’octroi d’indemnités au membres des commissions interministérielles et de passations de marchés, Ambassa Zang nie en bloc les faits mis à sa charge. Pour la commission des droits de l’homme de l’Union interparlementaire qui suit son procès, les chefs d’accusation à lui imputés sont davantage des fautes administratives que des faits constitutifs de détournements de deniers publics dans la mesure où il n’a pas été fait mention d’un quelconque enrichissement illicite dans l’acte d’accusation contre M.Ambassa Zang.

Bertin Ndo

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 15, 2015 13:23 Mise à jour

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