Cameroun:Où est le crime du Dg de la Crtv,Amadou Vamoulké?

Louis MBANGA
par Louis MBANGA avril 5, 2015 13:03 Mise à jour

Cameroun:Où est le crime du Dg de la Crtv,Amadou Vamoulké?

Pour des manquements comptables, le patron de la Cameroon radio and télévision risque la prison à vie parce qu’accusé de détournements de deniers publics. Le commentaire de la rédaction.

L’actualité judiciaire est marquée ces dernières semaines  par l’inculpation puis l’audition de l’actuel directeur général de la Cameroun radio and television (Crtv), la radio et télévision publique. Entendu chez une juge du Tribunal criminel spécial anti-corruption du Cameroun fin mars dernier, Amadou Madéouna Vamoulké est accusé d’avoir détourné la somme d’environ 3 milliards de F Cfa. Le patron de la Crtv comparaitra devant le Tcs pour répondre de ce chef d’accusation. Si les faits mis à sa charge sont avérés, Amadou Vamoulké risque au mieux 10 ans de prison, au pire la prison à vie. Par ailleurs, l’ancien directeur de l’Imprimerie Nationale est passé tout près d’une mise sous mandat de détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé.

Près de 3 milliards de FCfa distraits! De quoi faire tressaillir de fureur le téléspectateur de Douala, de Bafoussam ou d’Eséka qui rêve d’une meilleure Crtv en terme d’images,de son et de programmes. De quoi faire crever de rage l’auditeur de Moloundou, de Bakassi ou de Kolofata, noyé dans une zone d’ombre qui l’empêche d’avoir accès au signal de la radio nationale. Pour l’un comme pour l’autre, le responsable de leurs misères vient d’être débusqué et le Tcs leur rendra justice.

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Seulement, l’on tombe des nues à la lecture des faits mis à la charge d’Amadou Vamoulké. En effet, de sources médiatique, il est reproché au boss de la Crtv d’avoir dès sa prise de fonction fin janvier 2005, paraphé des documents comptables hérités de son prédécesseur, Gervais Mendo Zé (incarcéré à la prison centrale de Yaoundé depuis novembre dernier), lesquels documents portaient un montant supérieur à celui qui figurait effectivement dans les caisses de l’entreprise. D’où le différentiel de près de 3 milliards de F Cfa.

Etat de droit en péril

« Laissons la justice faire son travail », nous rappellera t-on. Mais l’on ne peut s’empêcher de s’étonner que dans un Cameroun qui se veut un pays de démocratie, une terre des droits de l’homme et un Etat de droit, que des citoyens risque la réclusion à vie pour si peu, qu’un gestionnaire de crédit public mérite la potence non pas pour s’être tapé une villa cossue ou un château de rêve avec des deniers douteux, non pas parce que des enquêtes policières ont découvert un virement suspect dans son compte bancaire,mais pour des manquements dans une comptabilité héritée de son prédécesseur, d’autres diront des fautes de gestion.

A cette allure-là, il y a à craindre que les initiateurs de l’opération de lutte contre les détournements de deniers publics appelée « Opération Épervier » ne sachent plus de quoi il en retourne, au point de voir  le détournement de deniers publics partout. A ce rythme-là, on est amené à craindre que cette campagne de salubrité publique lancée en 2006 sous les ovations du petit peuple longtemps spolié ne produise l’effet contraire à celui escompté à savoir instaurer l’inertie au sein de l’administration, cette inertie que le président camerounais en personne, Paul Biya, dénonce depuis une dizaine d’année dans ses discours à la Nation. Car comment sera t-il possible pour un ministre, un Dg de société ou un Maire de prendre quelque initiative que ce soit pour le bien-être de la population avec à l’esprit qu’il courre le risque d’être foudroyé par le glaive judiciaire à la moindre faute de gestion?

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Osons croire que du procès liée à ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Crtv » jailliront révélations et preuves irréfutables contre Amadou Vamoulké,son prédécesseur Gervais Mendo Ze et leurs co-accusés. Mais à la réalité, l’on ne peut rien en attendre objectivement surtout quand on sait que des autres affaires déjà jugées, on en a tiré sinon pas grand-chose, du moins rien du tout, en dehors des personnes clamant leur innocence preuve à l’appui du fond de leurs univers carcéraux.

hurinews.com

Louis MBANGA
par Louis MBANGA avril 5, 2015 13:03 Mise à jour

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