Côte d’Ivoire : 10 ans après… : Trafigura entretient le flou autour des déchets toxiques

Louis MBANGA
par Louis MBANGA août 20, 2016 16:29 Mise à jour

Côte d’Ivoire : 10 ans après… : Trafigura entretient le flou autour des déchets toxiques

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  • L’ONG Amnesty International s’inquiète du manque d’empressement du géant du négoce des marchandises anglais à révéler la nature des déchets toxiques déversés à Abidjan en 2006.

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L’ONG Amnesty International s’inquiète du manque d’empressement du géant du négoce des marchandises anglais à révéler la nature des déchets toxiques déversés à Abidjan en 2006.

Le géant du négoce de marchandises Trafigura doit tout révéler au sujet de la nature des déchets toxiques déversés à Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire, il y a 10 ans, a déclaré Amnesty International le 19 août.Trafigura n’a jamais révélé de façon précise ce que contenaient les plus de 540 000 litres de déchets toxiques déversés sur 18 sites à Abidjan le 19 août 2006. Plus de 100 000 personnes ont eu besoin de recevoir des soins médicaux à la suite de ce déversement ; elles présentaient toute une série de symptômes comprenant des vertiges, des vomissements et des troubles respiratoires, et les autorités ont fait état de 15 morts.

« Dix années se sont écoulées depuis cette catastrophe environnementale qui est l’une des pires que le monde ait connues depuis le début du 21e siècle, et Trafigura de même que les gouvernements ont abandonné les victimes. Trafigura a cherché à redorer son image, affirmant qu’elle est une entreprise transparente et responsable. Ce géant du négoce, qui a engrangé 1,1 milliard de dollars de bénéfice en 2015, ne doit pas être autorisé à se laver totalement les mains de cette catastrophe, a déclaré Lucy Graham, chargée de recherches dans l’équipe Responsabilité des entreprises en matière de droits humains à Amnesty International.

« Trafigura n’a jamais réellement été amenée à rendre des comptes pour son rôle dans ce déversement. Si des déchets toxiques étaient déversés dans le centre de Londres, le responsable aurait très justement à payer le prix fort. Mais dans cette affaire, les dirigeants de Trafigura dans un bureau à Londres ont autorisé le déversement de déchets toxiques, sans que soient prises les précautions nécessaires, dans la plus grande capitale de l’Afrique de l’Ouest. »

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En 2012, dans un rapport qu’elles ont publié conjointement, Amnesty International et Greenpeace ont exposé des informations montrant que le refus de Trafigura de révéler le contenu des déchets toxiques a entravé la décontamination des sites et empêché les victimes de recevoir des soins médicaux adéquats.

Quand Amnesty International a écrit à Trafigura en juin pour lui demander de profiter de l’occasion du 10e anniversaire de cette catastrophe pour dévoiler enfin le contenu des déchets, l’entreprise lui a répondu : « Nous n’avons rien d’autre à ajouter par rapport à ce que nous avons déjà dit [à Amnesty International en août 2012] et nous ne voyons aucun intérêt à poursuivre cette discussion ».

Trafigura a ensuite affirmé qu’elle avait déjà révélé le contenu des déchets lors de la procédure devant la justice britannique. Or, en réalité ces révélations étaient basées sur des tests réalisés par un organisme gouvernemental à Amsterdam six semaines avant le déversement des déchets.

Hurinews.com

Source : Amnesty International

 

Louis MBANGA
par Louis MBANGA août 20, 2016 16:29 Mise à jour

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