Cameroun:Droits des étudiants: Exclus de leurs établissements, des responsables de l’Addec dénoncent une chasse aux sorcières

Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 12, 2014 16:47 Mise à jour

Cameroun:Droits des étudiants: Exclus de leurs établissements, des responsables de l’Addec dénoncent une chasse aux sorcières

Face à la presse  mardi dernier à Yaoundé, ces dirigeants de l’association de défense des droits des étudiants du Cameroun ont souligné que leur exclusion des universités  est sans fondement et participe d’une chasse aux sorcières.

Pour l’Association de défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec), il ne fait l’ombre d’aucun doute que la récente exclusion temporaire de deux de ses responsables des grandes écoles où ils étaient inscrits n’est ni plus ni moins qu’une manœuvre destinée à fragiliser leur mouvement de revendication pour le bien –être de l’étudiant camerounais. Ces deux cadres de l’Addec  l’ont d’ailleurs fait savoir ce mardi 7 octobre 2014 au Centre catholique universitaire, sis au quartier Melen à Yaoundé au cours d’une conférence de presse à laquelle prenait part des activistes des droits de l’homme.

En effet, le 25 août et le 3 septembre dernier, le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, sur proposition du recteur de l’Université de Yaoundé I, Aurélien Sosso, a décidé d’exclure  pour deux années académiques Tchaleu Barthélémy et Batoum Thierry, respectivement secrétaire général et président de l’Addec.

source:journalducameroun

source: journalducameroun

Ce dernier était inscrit en 5e année en filière Biologie à l’Ecole normale supérieure tandis que le Sg était étudiant en 5e année filière Génie Civil de l’Ecole normale supérieure polytechnique. Il s’agit là de deux grandes écoles sous la tutelle académique de l’Université de Yaoundé I.

« Fraude aux examens »

M.Thierry Batoum a été accusé de « fraude aux examens de fin de premier semestre de l’année académique 2013/2014, incitation à la désobéissance, actes contraires à l’éthique universitaire ». Tandis qu’à M.Tchaleu, il est reproché entre autres le non-respect des autorités administratives, l’affichage et la distribution de tracts et autres campagne d’incitation à la désobéissance. Des motifs balayés d’un revers de la main par l’Addec : « il s’agit d’une cabale contre nous », déclare Tchaleu Barthélémy.

Pour le président de l’Addec, il n’a jamais été accusé de fraude et ne reconnait avoir fraudé aux examens. Il en veut pour preuve un procès-verbal de délibération des examens rattrapage du premier semestre de l’année académique 2013/2014 à l’Ecole normale supérieure dans lequel il est déclaré admissible. D’après ces responsables de l’Addec, leur malheur est de s’être opposé en mars dernier à la décision du recteur de faire payer aux étudiants, en plus des 50 000 f Cfa de droits universitaires, une somme de 6 000 F Cfa, soit 1000 F Cfa pour la carte d’étudiant et 5 000 f Cfa pour souscrire à une assurance-maladie dans une entreprise en partenariat avec l’université.

Pour contester ces exclusions qu’elle qualifie de « conspiration », l’Addec a annoncé avoir introduit deux recours gracieux auprès du ministre de l’Enseignement supérieur ainsi que des référés auprès du président du tribunal administratif de Yaoundé. Elle a par ailleurs exigé la démission du recteur de l’Université de Yaoundé I pour « concussion, mensonge, intimidation… »  et du ministre de l’Enseignement supérieur « pour complicité ».

© Camer.be : Michel Biem Tong
Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 12, 2014 16:47 Mise à jour

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