Cameroun : Combat : Jeannette Marafa, sur les traces de Winnie Mandela

Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 12, 2014 15:10 Mise à jour

Cameroun : Combat : Jeannette Marafa, sur les traces de Winnie Mandela

Grandes Lignes

  • Eam tation docendi denique ea, ius no novum saepe legere.
  • Homero praesent dissentias his et, mel civibus inimicus te, qui justo pertinacia conclusionemque no.
  • Ea cum quodsi omnium aliquando, mollis ornatus ad sit.

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Jeannette Marafa

Jeannette Marafa

Depuis l’incarcération en avril 2012 de Marafa Hamidou Yaya, ancien ministre de l’Intérieur et proche collaborateur de Paul Biya, son épouse installée à Paris en France se bat corps et âme pour sa libération, convaincue de ce qu’il n’est ni plus ni moins qu’un prisonnier politique.

Discrétion. Une attitude qui aura caractérisé le couple Marafa du temps où ce dernier fut aux affaires au Cameroun. L’époux, ancien secrétaire général à la présidence de la République et ex-ministre de l’Administration territoriale, avait la parole rare et se faisait peu voir. Pareille pour la dame. Jeannette Ndjanga épouse Marafa, passionnée d’arts plastiques, préférait passer incognito dans une galerie d’art à Yaoundé qu’elle gérait.
Puis survient, un après-midi du 16 avril 2012, l’arrestation de Marafa Hamidou Yaya. Inculpé de détournement de deniers publics, il est écroué à la prison centrale de Kondengui. Son épouse vient de déposer ses valises en France pour des vacances. Marafa lui intimera l’ordre d’y rester pour longtemps. Pendant que le monsieur, incarcéré au secrétariat d’Etat à la défense (gendarmerie), multiplie lettres ouvertes et sorties médiatiques pour dénoncer son incarcération et la gestion chaotique du Cameroun, la dame est sur les starting block.
Cl2p
Le 3 mai 2014, au lieu dit la Petite Rokette au 11e arrondissement à Paris, le Comité de Libération des prisonniers politiques au Cameroun (Cl2p) voit le jour. La conférence de presse connait la présence de Jeannette Marafa dont l’époux a été fait prisonnier politique par le Département d’Etat américain. Membre du Cl2p, Jeannette Marafa confie à Marie Pierre Aulphang de Radio France international qu’elle ne défend pas seulement la cause de son mari mais aussi celle de tous ceux qui au Cameroun sont condamnés pour des motifs confus et imprécis, des prisonniers politiques en fait.
Depuis lors, Jeannette Marafa multiplie des campagnes de presse aux fins de sensibiliser l’opinion camerounaise et internationale sur l’innocence de son mari et le caractère politique de son procès : « nous ne sommes pas des voleurs, il y en a plein autour de Mr Biya et il le sait» , avait lâché dame Marafa le 12 mai dernier au cours de l’émission Le Grand Débat diffusé sur Africa N°1. Au cours de cette émission, Mme Marafa va lancer un appel au peuple camerounais : « s’il y a des Camerounais qui m’écoutent, s’il vous plait, n’ayez plus peur, sortez et dites non à ceux qui veulent prendre le Cameroun en otage », avait-elle crié. Au cours de l’hospitalisation de son mari en juillet dernier, Jeannette lance un cri à travers les ondes de Rfi pour appeler les présidents français François Hollande et américain Barack Obama afin qu’ils rendent possible l’évacuation de son mari à l’extérieur.
Coup d’Etat manqué d’avril 1984
Jeannette Marafa ne se bat pas seulement pour la libération de son mari mais aussi pour garder l’image de ce dernier intacte. Alors qu’un article du site d’information français Médiapart accusait son époux en septembre dernier d’être derrière les attaques dans le Grand Nord, elle apportera un cinglant démenti à ces informations en soulignant que son mari, même s’il ne cache pas ses ambitions politiques, n’a jamais milité pour la prise du pouvoir par les armes.
Winnie Mandela s’est battue pour son illustre époux Nelson, de regretté mémoire, qui fut privé de liberté pendant 27 ans du fait de son combat contre la ségrégation raciale en Afrique du Sud. En Jeannette Marafa, le Cameroun voit sans doute une Winnie Mandela. Surtout que le combat pour son mari en situation de détresse ne date pas d’aujourd’hui.
Au lendemain du putsch manqué d’avril 1984, alors que son époux était sur le point d’être embarqué dans un camion pour être exécuté, Jeannette Marafa est intervenue pour supplier les autorités afin qu’il soit relâché. Comme quoi, le combat de Jeannette n’a rien de circonstanciel, il s’agit de tout une vie.
Michel Biem Tong

Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 12, 2014 15:10 Mise à jour