Irak: Crime de guerre: Les milices chiites au banc des accusés

Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 16, 2013 11:36 Mise à jour

Irak: Crime de guerre: Les milices chiites au banc des accusés

Grandes Lignes

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Selon un rapport rendu public récemment par Amnesty International, les milices chiites, sous le prétexte de la guerre contre les groupes armée de l’Etat islamique (EI), massacre des sunnites; sous le regard passif du gouvernement irakien

les milices chiites (source: Amnesty International)

les milices chiites (source: Amnesty International)

Le rapport d’Amnesty International  intitulé Absolute Impunity: Militia Rule in Iraq, fournit des détails choquants sur des attaques motivées par l’intolérance religieuse à Bagdad, Samarra et Kirkouk. Ces attaques, en représailles semble-t-il aux assauts menés par le groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI), sont imputées à des milices chiites de plus en plus puissantes.

LE GOUVERNEMENT IRAKIEN CAUTIONNE

Des dizaines de corps non identifiés, menottés et présentant des blessures par balles à la tête, ont été découverts à travers le pays, ce qui donne à penser que ces homicides, perpétrés dans des conditions évoquant des exécutions, relèvent d’une pratique bien établie.

En donnant sa bénédiction à des milices commettant régulièrement des violations aussi odieuses, le gouvernement irakien cautionne des crimes de guerre et alimente les dangereuses violences motivées par l’intolérance religieuse qui ravagent le pays. Le gouvernement irakien doit immédiatement cesser d’apporter son soutien au système des milices.

On continue à ignorer quel sort a été réservé à beaucoup des personnes enlevées par des miliciens chiites au cours des derniers mois et semaines. Certains captifs ont été tués après même que leur famille a versé une rançon d’un montant de 80 000 dollars (environ 63 000 euros), voire plus, afin d’obtenir leur libération.

LES FAMILLES PAIENT DES RANÇONS

Salem, 40 ans, un homme d’affaires et père de neuf enfants qui vivait à Bagdad, a été enlevé en juillet. Deux semaines après que sa famille eut versé 60 000 dollars (environ 47 000 euros) à ses kidnappeurs, son corps a été retrouvé à la morgue de Bagdad ; sa tête avait été écrasée et il avait encore des menottes aux poignets.

Le pouvoir grandissant des milices chiites a contribué à une détérioration globale de la sécurité et à une atmosphère anarchique. Un parent d’une des victimes originaires de Kirkouk a déclaré  :

J’ai perdu un fils et je ne veux pas en perdre un autre. Rien ne pourra le ramener et je ne peux pas mettre mes autres enfants en danger. Qui sait qui sera le prochain ? Il n’y a pas d’état de droit, pas de protection. »

Asaib Ahl al Haq, les brigades Badr, l’armée du Mehdi et Kataib Hezbollah font partie des milices chiites soupçonnées d’avoir commis cette série d’enlèvements et d’homicides.

Ces milices sont devenues plus puissantes et présentes depuis juin, à la suite du retrait de l’armée irakienne, qui a cédé près d’un tiers du pays aux combattants de l’EI. Les miliciens, qui se comptent en dizaines de milliers, portent des uniformes mais opèrent hors de tout cadre juridique et sans aucune supervision de la part des autorités.

Source: Amnesty International

Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 16, 2013 11:36 Mise à jour