Mexique: Après la disparition de 43 étudiants: La rue mexicaine gronde

Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 16, 2014 11:05 Mise à jour

Mexique: Après la disparition de 43 étudiants: La rue mexicaine gronde

 Des centaines d’étudiants ont de nouveau manifesté mercredi  15 octobre 2014 à Mexico devant le parquet général de Mexico contre la disparition mystérieuse de 43 camarades le 26 septembre.

«Combien d’autres familles doivent vivre cette douleur ? Jusqu’à ce que la société se rebelle, comme nous le faisons à présent», s’est écrié lors de la étudiante Maria Herrera, membre de l’organisation Mouvement pour la paix. Les portes du parquet, situé sur le Paseo de la Reforma, avenue principale de la capitale mexicaine, sont restées fermées et n’étaient pas gardées par la police. Les manifestants ont couvert la façade de graffitis et tapissé le mur de photographies des étudiants disparus dans l’Etat de Guerrero, dans le sud du pays.

Le ton de la manifestation est monté avec l’arrivée d’un groupe d’individus masqués, qui ont brisé les vitres en lançant des pierres et provoqué des incendies mineurs dans l’édifice où se trouvait le procureur général, Jesus Murillo Karam, selon le site du journal La Cronica de Hoy. Les manifestants, surtout des étudiants de l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) et de l’Institut national polytechnique, exigent des informations sur le sort des élèves-enseignants disparus dans la nuit du 26 septembre dans la ville d’Iguala.

Des jeunes manifestants à Mexico (source Le Parisien)

Des jeunes manifestants à Mexico (source Le Parisien)

L’annonce mercredi qu’aucun des étudiants disparus n’était parmi les 28 cadavres trouvés dans des fosses a créé un soulagement fugace au Mexique mais laissé place à de nouvelles questions : qui sont ces morts ? combien de personnes ont été tuées à Iguala ? où sont les 43 jeunes dont on est sans nouvelle depuis 19 jours ?

Une pression croissante pour retrouver les 43 étudiants

Le du Enrique Pena Nieto est soumis à une pression croissante, à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Il s’est engagé à faire la lumière sur une affaire qui n’a pas de précédent au Mexique par le degré de collusion ouverte entre des autorités municipales, la police et le crime organisé. Le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam, l’a reconnu lors de sa dernière conférence de presse: «Pour moi, il est clair qu’ils ont travaillé ensemble».

La recherche des élèves de l’école normale d’Ayotzinapa s’est élargie depuis mercredi à six autres régions du sud du pays. Les autorités judicaires continuent de considérer les jeunes disparus comme victimes d’un enlèvement. «L’enlèvement est possible mais, plus le temps passe, plus l’espoir de les retrouver vivants diminue», dit Javier Oliva, expert en sécurité de l’Université nationale autonome du Mexique.

Les familles des disparus ont reçu comme une bouffée d’espoir la nouvelle des résultats négatifs de tests d’ADN des 28 cadavres : elles continuent d’affirmer que les 43 jeunes sont vivants et aux mains de policiers d’Iguala en cavale. Toutefois, selon Javier Oliva, il est très compliqué «de détenir 43 personnes de manière complètement secrète à 100%, sans être vu». D’autant que le gouvernement a déployé un imposant dispositif de recherches, avec plus de 1.000 membres des forces de sécurité fédérales ratissant la région.

Qui sont les morts retrouvés dans les fosses?

Les autorités judiciaires mexicaines n’ont donné aucune piste sur l’identité des 28 cadavres trouvés le 4 octobre dans une zone montagneuse proche d’Iguala, où les habitants assurent qu’est dissimulé tout un «cimetière» clandestin. Rien que cette année, plus de 80 cadavres ont été exhumés dans les environs. Selon le Yucatan Times, d’autres investigations sont menées dans des zones où d’autres charniers auraient été découverts.

Les habitants d’Yguala, ville de 140.000 habitants, située à 200 km de Mexico, sont terrorisés depuis des années par l’impunité des narcotrafiquants et la complicité des autorités locales. Après huit ans d’une lutte féroce contre les narcotrafiquants, la société mexicaine semblait presque habituée à tous les types d’atrocités. Mais cette affaire traumatise comme jamais le pays et scandalise l’opinion mondiale.

Source: Le Parisien

 

 

 

 

 

 

 

 

Louis MBANGA
par Louis MBANGA octobre 16, 2014 11:05 Mise à jour