Gabon: Coup d’Etat: Un mort et des commerces incendiés à Libreville

Louis MBANGA
par Louis MBANGA décembre 25, 2014 15:35 Mise à jour

Gabon: Coup d’Etat: Un mort et des commerces incendiés à Libreville

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Depuis le début de l’insurrection orchestrée par Jean Ping et l’opposition gabonaise, la journée du 20 décembre a été meurtrière, sanglante et criminelle.

Selon les sources officielles, les affrontements entre les manifestants du Front uni de l’opposition pour l’alternance (Fuoa) avec la force de l’ordre du samedi 20 décembre 2014, au carrefour Rio (dans le 3e arrondissement de Libreville), ont enregistré un lourd bilan. «Un jeune compatriote de 30 ans (…) est décédé. Il s’agissait d’un étudiant  qui a été mis sur le dessus d’un taxi au milieu des manifestants», a déclaré le procureur de la République, Sidonie Flore Ouwé. D’après Gabonactu.com, il s’agit de Mboulou Beka, étudiant de l’Ecole nationale d’art et de manufacture (Enam). Et des sources médicales, on apprend que le jeune homme est décédé des suites d’une blessure à la gorge probablement causée par un objet tranchant. « Il est mort des suites des blessures que j’ai examinées au niveau (…) du cou. Et il présentait une autre blessure juste au-dessous du menton », a rapporté le médecin légiste, le Dr Liliane Flore Pemba, à la presse librevilloise.

L’on parle également de nombreux cas de vandalisme perpétré par les manifestants sur les commerces, les véhicules et les rues à Libreville. « Après une forte pluie, conjuguée à l’action des forces de l’ordre, le gros de la foule, s’est dispersée en début d’après-midi. Des heurts ont alors éclaté dans les bidonvilles adjacents, comme les Akébés, où des barricades ont été érigées, des pneus et au moins une voiture brûlés », écrit un média gabonais. Pour les commerces incendiés, il s’agit de Cécado et de Gaboprix, deux importants supermarchés de la capitale. Le bilan fait également état de nombreuses arrestations des manifestants (20 selon la version officielle) et de nombreux blessés.

L'opposant Jean Ping, parmi les manifestants

 Jean Ping, parmi les manifestants

Xénophobie

Dans leur ambitions inassouvies de renverser à tout prix et à tous les prix le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba et son régime, les leaders du Front uni de l’opposition pour l’alternance, où se recrutent les barrons du régime Omar Bongo Ondimba (décédé en 2009), au rang desquels le ministre des Affaires étrangères, puis président de la Commission de l’UA (Union africaine), Jean Ping, le dernier premier ministre d’Omar Bongo,  Jean Eyéghé Ndong, ont voulu tenir un meeting samedi 20 décembre au carrefour Rio. Une manifestation qui a été interdite au cours d’une conférence de presse  la veille par le ministère de l’intérieur, Guy Bertrand Mapangou, pour « cause de trouble à l’ordre public».  Le Front reproche au chef de l’Etat et à son gouvernement de «gérer mal le pays et de n’avoir pas respecté leurs engagements sur les questions sociales », entre autres. Sur les pancartes, on pouvait lire : « Ali dégage ! », « 50 ans, c’est trop long ». Ali Bongo Ondimba a été élu président de la République du Gabon le 30 août 2009 succédant à son père Omar Bongo qui y était depuis 1967.

Malgré l’interdiction du gouvernement et en dépit du dispositif sécuritaire fait de gendarmes et des policiers, les manifestants, en nombre très importants avec à leur tête Jean Ping arborant un gilet pare-balle et un masque, ont afflué les lieux vers 14H. Aux jets de pierres et autres projectiles, les agents de la force de l’ordre ont riposté par le gaz lacrymogène. Le résultat de ces affrontements laisse un mort sur les carreaux côté assaillants. Au matin du 22 décembre, un opposant indique sur la Rfi que les affrontements ont fait six morts et de nombreux blessés. Ces événements surviennent au lendemain de la parution du livre (le 29 octobre 2014, chez Fayard) du journaliste français Pierre Péan intitulé « Nouvelles affaires africaines. Mensonges et pillages au Gabon », où il indique que Ali Bongo Ondimba avait été adopté par Omar Bongo Ondimba au Nigeria lors de la guerre de Biafra.

André T. Essomé Essomé

 

 

 

 

 

 

 

Louis MBANGA
par Louis MBANGA décembre 25, 2014 15:35 Mise à jour

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