Gabon: Droit de grève: le Redhac interpelle Ali Bongo

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 19, 2015 17:26 Mise à jour

Gabon: Droit de grève: le Redhac interpelle Ali Bongo

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Dans son communiqué de presse rendu public la semaine dernière, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale s’inquiète de la dégradation de la liberté de manifestation au Gabon au moment où les syndicats des fonctionnaires, notamment des enseignants revendique la revalorisation de leurs salaires promis en fin décembre dernier par le président gabonais Ali Bongo.

Pas question pour les fonctionnaires gabonais, dont les enseignants, de battre le macadam. C’est du moins le message que semble leur lancer les autorités gabonaises depuis le 9 février 2015. Alors qu’il s’apprêtait ce jour-là à tenir une marche pacifique dans une école à Libreville pour revendiquer l’augmentation de leurs salaires , ils en ont été empêché par la police. Ce qui leur a obligé de se rabattre vers le « Rond-Point de la Démocratie ». Depuis lors, on court vers une année blanche au pays d’Ali Ben Bongo.

Et le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) de s’inquiéter  de « la restriction des libertés fondamentales, à savoir : le droit aux manifestations pacifiques, à la liberté d’association et de syndicats, à un travail décent » au Gabon, dans un communiqué  de presse rendu public le 11 mars dernier. Selon le Redhac, cette atteinte aux libertés viole la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, notamment l’article 9 alinéa 2 qui dispose que « toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions…. »

D’après cet organisme de protection des droits de l’homme à vocation sous-régionale, cette augmentation de salaires des fonctionnaires fait partie des promesses faites par Ali Bongo dans son discours de fin d’année 2014. Ces promesses devaient entrer en vigueur le 25 janvier dernier. Mais elles restent toujours attendues. Conséquence, les fonctionnaires ont décidé de prendre la rue.

La rédaction

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L INTÉGRALITÉ DU COMMUNIQUE DE PRESSE DU REDHAC SUR LA GREVE AU GABON

GREVE DES SYNDICATS DE LA FONCTION PUBLIQUE ET INTERDICTION DE MANIFESTATION PACIFIQUE AU GABON

COMMUNIQUE DE PRESSE
Douala-Libreville, le 11 Mars 2015 : Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) s’inquiète vivement de la situation qui prévaut au Gabon et demande aux autorités le respect de la liberté de manifestations pacifiques garantie par la constitution gabonaise. Depuis le mois de Décembre 2014, les syndicats de la fonction publique et notamment celui des enseignants sont en grève. Il revendique l’augmentation de salaire promis par le Président de la République du Gabon M. Ali Bongo lors de son discours de fin d’année, le 31 Décembre 2014.

Selon le point focal du REDHAC au Gabon, M. Jean Elvis Ebang ONDO : « La grève est au Gabon depuis le début de l’année et presque dans tous les secteurs. Dans le secteur de l’éducation, nous avons commencé les cours après un mois de la rentrée des classes en octobre 2014. Elle a été reconduite en février 2015. Nous tendons vers une année blanche ». Il ajoute que les motifs de cette grève sont multiples à savoir : « l’injustice sociale, les détournements de deniers publics, la corruption, les mauvaises conditions de vie et de travail des fonctionnaires devant un système fermé au dialogue qui brille par la démagogie conduisant les Gabonais dans l’obscurantisme total …».

Rappel des faits :

Dans son discours de fin d’année adréssé à la nation gabonaise le 31 Décembre 2014, le Président Ali Bongo ONDIMBA avait annoncé des mesures visant à améliorer la vie des fonctionnaires et des agents publics au Gabon, mesures qui devraient entrer en vigueur dès le 25 Janvier 2015.

Le 09 Février 2015, face au mutisme du gouvernement les membres des différents syndicats se sont donnés rendez-vous dans une école de Libreville pour une marche de protestation pacifique contre ce qu’ils considèrent comme de graves violations de leurs droits. Malheureusement, la police gabonaise avait bloqué tous les accès, les empêchant de se rassembler. Ils se sont finalement rabattus au « Rond-Point de la Démocratie ».

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) est très préoccupé par la situation qui prévaut en ce moment au Gabon notamment :
La restriction des libertés fondamentales, à savoir : le droit aux manifestations pacifiques, à la liberté d’association et de syndicats, à un travail décent.

En conséquent :

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale(REDHAC) demande aux autorités gabonaises le respect des articles 9 alinéa 2, 10 alinéa 1 et 15 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui stipulent :

– Article 9 alinéa 2 : « Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions…. »
– Article 10 alinéa 1 : « Toute personne a le droit de constituer librement des associations avec d’autres… » ;

– Article 15: « Toute personne a le droit de travailler dans des conditions équitables et satisfaisantes et de percevoir un salaire égale pour un travail légal ».

Enfin,

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale(REDHAC) demande au Président de la République du Gabon, M. Ali Bongo ONDIMBA de respecter ses engagements pris lors du discours de fin d’année adréssé à la nation gabonaise le 31 Décembre 2014 en ces termes: « j’ai demandé au gouvernement de maintenir le cap des réformes structurelles de notre économie et de conduire à bon terme, les chantiers engagés depuis quelques années tels que, le soutien à la politique de partage, le renforcement de l’Etat de droit et de la sécurité, l’amélioration de la gestion des finances publiques et l’apurement de la dette intérieure ».

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 19, 2015 17:26 Mise à jour