Gambie: Violations des droits de l’homme: Le président Yaya Jammeh rappelé à l’ordre par des Ong

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mai 4, 2015 07:13 Mise à jour

Gambie: Violations des droits de l’homme: Le président Yaya Jammeh rappelé à l’ordre par  des Ong

La Gambie viole en toute impunité les droits humains et la liberté d’expression. Un véritable paradoxe pour ce pays qui a régulièrement abrité le siège de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), depuis la création de cette instance en 1987.

Ce rappel est formulé depuis le 21 avril par les ONG prenant part à la 56e session de la CADHP, à Banjul, la capitale gambienne. Malgré les diverses recommandations et injonctions de la Commission, le régime de Yahya Jammeh « bafoue de manière systématique et impunie les droits humains les plus élémentaires des populations », a martelé Fatou Jagne Senghor du bureau Afrique de l’organisation Article 19, à l’ouverture des travaux. La situation s’est même davantage détériorée ces dernières années avec l’adoption de nombreuses lois liberticides et des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et des persécutions de journalistes et de membres de la société civile.

« Les traités et les conventions sont au-dessus des lois nationales. Il est temps pour la Gambie de revenir à la légalité et au respect de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples », a indiqué Mabassa Fall, le représentant de la Fédération internationale des droits de l’homme à l’Union africaine.

La situation des droits de l’homme en Gambie est si préoccupante que les participants à la réunion de Banjul n’ont pas hésité à qualifier ce pays de « capitale de la violation des droits humains en Afrique », ce qui entache la crédibilité des mécanismes mis en place par l’Union africaine.

le président de Gambie, Yaya Jammeh (Source: Le Monde)

le président de Gambie, Yaya Jammeh (Source: Le Monde)

La Gambie, « capitale de la violation des droits de l’homme en Afrique », selon des ONG

Depuis 20 ans, le pays n’a présenté aucun rapport sur l’état de mise en œuvre de la charte africaine en la matière, comme l’y oblige les conventions qu’elle a signées. Depuis le coup d’Etat manqué du 30 décembre 1994, la répression des voix dissidentes et le bâillonnement de la presse se sont accrus. Une trentaine de personnes, dont des femmes et un jeune de 13 ans, soupçonnées d’être proches des putschistes, ont été arrêtées et détenues dans des lieus secrets. Trois d’entre eux ont été condamnés à la peine capitale. En octobre de la même année, une loi criminalisant l’homosexualité a été adoptée.

« Si la Gambie qui accueille le siège de la Commission n’est pas capable de respecter ses engagements il faut se demander alors ce que la Commission fait dans ce pays », a lancé Mabassa Fall de la FIDH.

Source: Le Monde

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mai 4, 2015 07:13 Mise à jour