Nigéria: Lutte contre Boko Haram: Amnesty International saisit la CPI

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juin 4, 2015 10:24 Mise à jour

Nigéria: Lutte contre Boko Haram: Amnesty International saisit la CPI

Dans un rapport, l’organisme international de défense des droits de l’homme estime que de hauts gradés des forces armées nigérianes ont commis des atrocités sur des populations dans le cadre de la lutte contre la secte islamiste Boko Haram. Amnesty, qui a transmis les noms de certains responsables militaires à la Cour pénale internationale, suggère au gouvernement nigérian que les fautifs  des deux camps soient traduits devant les tribunaux pour crime de guerre.

Environ 8 000 morts. Victimes collatérales de la guerre contre Boko Haram. Le décompte macabre est d’Amnesty International. Au banc des accusés, l’armée nigériane. Selon un rapport de l’ONG intitulé « Des galons aux épaules. du sang sur les mains », « dans le cadre d’opérations de sécurité menées contre Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, les forces armées nigérianes ont procédé à plus de 1 200 exécutions extrajudiciaires ; elles ont arrêté de manière arbitraire au moins 20 000 personnes, en grande majorité de jeunes hommes et des adolescents, et ont commis d’innombrables actes de torture. Des centaines, si ce n’est des milliers de Nigérians ont été victimes de disparitions forcées. Sept mille personnes au moins sont mortes de faim, par manque de soins médicaux ou des suites des conditions de surpopulation qui régnaient dans leur prison alors qu’elles étaient détenues par l’armée », peut-on lire dans le rapport rendu public ce mercredi 3 juin 2015.

Amnesty International suggère que certains hauts gradés de l’armée nigériane cité nommément dans le rapport soit mis en examen  « pour crimes de guerre, et notamment pour meurtre, disparition forcée et tortures ». Ces responsables militaire, à en croire le rapport de l’Ong, sont responsables pour avoir donné l’ordre de commettre ces crimes  ou pour y avoir directement participé. Les noms de ces responsables militaires, tous des généraux, ont été transmis à la Cour pénale internationale, à en croire le rapport. La secte islamiste Boko Haram s’est vu, elle aussi, tirer les oreilles par l’organisme londonien de défense des droits de l’homme:  « Amnesty International possède de très nombreux éléments indiquant que les combattants de Boko Haram commettent de multiples exactions et lui permettant de conclure que ces actes constituent de fait des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », souligne le rapport.

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Des militaires nigérians au front

 

plus de 400 entretiens

Amnesty International suggère au gouvernement nigérian d’ouvrir « des enquêtes indépendantes, impartiales et efficaces sur les allégations de crimes attribués à l’une ou l’autre des parties au conflit ». Pour parvenir à ce terrible constat sur la lutte contre Boko Haram au nord-est du Nigéria, Amnesty International dit avoir procédé à plus de 400 entretiens avec des victimes, des proches de victimes, des témoins, des militants des droits humains, des médecins, des journalistes, des avocats et des membres des forces armées.  De plus, « Amnesty International a interrogé de manière indépendante huit représentants de l’armée et a examiné plus de 800 documents officiels, dont des rapports militaires et divers documents de correspondance entre des unités de l’armée déployées dans le nord-est et l’état-major de la Défense », indique le rapport.

hurinews.com

L’intégralité du rapport d’Amnesty International sur la lutte contre Boko Haram au Nigéria

 

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juin 4, 2015 10:24 Mise à jour

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