Publi-reportage:Léonard Tabeko:Une légende musicale émergente

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juillet 20, 2016 11:02

Publi-reportage:Léonard Tabeko:Une légende musicale émergente

Grandes Lignes

  • L’œuvre musicale de ce passionné d’Afro Soul allie les influences tirées de ses origines africaines et les rythmes vibrants de la soul et de la musique moderne. Et il a du répondant.

Articles Similaires

L’œuvre musicale de ce passionné d’Afro Soul allie les influences tirées de ses origines africaines et les rythmes vibrants de la soul et de la musique moderne. Et il a du répondant.

« C’est un peu comme Noël / Noël et ses trésors / qui s’arrêteraient chez nous aux équinoxes d’or». Ainsi chantait Jacques Brel dans Les Bergers. C’est ce que Léonard Tabeko a dû ressentir quand il a découvert en 2013 le résultat d’une enquête du magazine américain Watch and Listen : Afro Soul Makossa qui est sa spécialité depuis des années y était sacrée meilleure chanson de tous les temps avec 45% des voix. Preuve qu’il a opéré un bon choix musical. Pourtant, rien, absolument rien, ne présageait au musicien camerounais un parcours aussi exceptionnel. Dans sa langue maternelle, l’artiste chante l’amour, la paix, le courage, la conscience et le respect. Engagé et actif dans la vie, il n’hésite pas à pointer du doigt les injustices et les discriminations dans ses chansons. Depuis Yaoundé, il prône une révolution intime et culturelle, pour faire fleurir les destins individuels et collectifs.

Encore inconnu du grand public, il y a quelques années, Tabeko Léonard est apparu au-devant de la scène de la belle des manières : trois albums, véritables coups de semonce musicale. Maniant avec la même dextérité guitare, clavier, Sanza, Batterie, les tamtams, ce que l’on se sait de l’artiste, c’est qu’il est à la fois chanteur, danseur, auteur, compositeur et interprète, il est avant tout un comédien hors pair. «J’utilise ma créativité en mariant avec équilibre mes influences rurales et urbaines. La positivité, la lutte contre les injustices et la volonté de faire un monde meilleur sont les choses qui m’inspirent le plus», nous abreuve Tabeko.

Très jeune, un virtuose

Quand il lance son 1er album, en 2003, le jeune guitariste est déjà un maître.  Né à Yaoundé, c’est à l’âge de 09 qu’il est envoyé à coté de ses grands-parents, source de son inspiration musicale. Toujours est-il qu’il s’allie aux acteurs de la scène urbaine et réalise des collaborations enrichissantes. Rien ne le prédisposait pourtant à un si éclatant destin. Il débute sa carrière artistique en 1996 par des animations au cours des soirées culturelles des associations de l’Ouest-Cameroun en se servant principalement des percussions. C’est au cours de son séjour dans son village qu’il acquiert l’amour de Sanza fait en lamelle de bambous qu’il utilise jusqu’aujourd’hui. C’est finalement en 2000 que le Producteur Flash Music déniche cet oiseau rare au cours d’une soirée culturelle au foyer Bandjoun de New-Bell à Douala et l’oriente vers la voie d’un album.

A son retour à Yaoundé, il rencontre Alain Cheuwack, le célèbre Bassiste du Black Rooths et réalise le 1er album de 06 titres qui comportait les thèmes suivants: 1-Mdje vu’ jo, 2-Tamoogo, 3-Les 08 jours de la semaine, 4-les 12 Mois de l’année, 5-Kéling, 6-Wadje. Son album « Tradition et modernité » est un message pour la nouvelle génération africaine. On y trouve des sonorités teintées de pop, de funk, de rap, …, en un mot le monde musical de Léonard Tabeko.

leo1

A la sortie de l’album en mars 2003, le producteur Flash Music lance la promotion dans l’Ouest du pays malgré de nombreuses pesanteurs qui finissent par l’étouffer. Néanmoins l’album se porte très bien dans cette partie de Grassfields et est classé au top de tous les hits parades de musiques traditionnelles, dans toutes les radios de la montagne (FM Poala’, Radio Batcham, CRTV Bafoussam etc…). Ce premier album solo est un véritable voyage musical afro-soul au sein d’un univers varié, de rythmes et de sujets divers, toujours avec charme et émotion.Après la sortie de ce régal qui explore un univers urbain, l’étoile montante de l’Afro-Soul, revient avec un son différent et y amène ses influences Gospel, Soul et R&B, en terre africaine, en mettant en valeur sa langue maternelle camerounaise, le « ghomala’à » : la thématique de l’espoir est couverte par ces titres qui s’écoutent au calme et fait voyager, au rythme des sons de grassfields.  C’est d’ailleurs à travers cet album que beaucoup de ses jeunes compatriotes connaissent les jours de la semaine et de nombreux proverbes en langue locale.

Alors que cette étoile montante s’affirme sur le paysage musical camerounais, le 2e album de 08 titres Audio et Vidéo intitulé «Wabayu» de 2007 comporte les thèmes suivants variés: 1-Pelamha, 2-Moyim, 3-Tambè, 4-Ghomala’, 5-Sougo, 6-Tissoung, 7-Kéling et 8-Mamo. « Tambè » est un mélange de soul, de jazz et de rythme n’blues mâtiné de sonorités traditionnelles camerounaises comme le makossa et le bikutsi. Un genre éclectique qui va le révéler à la scène nationale et internationale.Reste que son 3e album moulé, il y a quelques semaines, et intitulé «afro soul » est un album acoustique de 14 titres sous la supervision de Gabriel Sinclair du Centre de musique art-éthique (CMA). On y retrouve, 1-Gotam, 2-Wadje, 3-Si, 4-Immigration clandestine, 5-Pelamha, 6-Bah’ko, 7-Keling, 8-Dje, 9-Illusion de vie, 10-Tambè, 11-Sougo, 12-Belak.

Pour ce spécialiste de l’afro-soul ou musique soul africaine qui est un style musical né dans les années 1960, de la fusion de la soul music noire américaine et de mélodies et de rythmes africains…, il s’agit d’une musique d’affirmation culturelle et de contestation. La soul music ou musique de l’âme est un courant musical apparu en 1958 aux Etats Unis, à la suite de la parution du fameux titre, « Soul », de l’auteur, compositeur, pianiste et chanteur non voyant, Ray Charles. De nombreux Africains l’adoptent et la brassent à leurs de mélodies et de rythmes nationales dans les années 1960, lançant ainsi l’afro-soul. Certains l’accoleront à leur nom de groupe, comme Soul Brothers (Afrique du Sud).

Sur les traces de Talla André Marie

Léonard Tabeko reste une icône qui s’est inspirée comme le prodigieux Sam Fan Thomas, autre légende vivante de la musique camerounaise de André-Marie Tala lui-même découvreur de talents, qui faisait déjà partie du groupe Black Tigers, et qui l’a accompagné sur la scène de l’Olympia, le 17 mai 2015.

léo2

L’artiste est le président-fondateur de l’association « Tradition et modernité » qui est une association de concertation et de reflexion et d’appui à l’action culturelle au Cameroun (ACRAAC) dont l’objectif est de promouvoir la culture africaine, valoriser la diversité et le rapprochement interculturel. C’est ici que sont dispensés les cours de « ghomala’a », de danses traditionnelles, l’art culinaire bamiléké et ses us et coutumes. Il livre ainsi une nouvelle vision au séminaire « ghomala’a » en instaurant les cours de danse traditionnelle, les débats sur les thèmes culturels par les encadreurs et la fabrication des objets d’arc etc… Il a aussi animé les émissions de langue comme « Mémoires et Coutumes » à la Radiotélévision Siantou, Magic FM et Sky One Radio.

Léonard Tabeko dispense actuellement les cours de culture par vidéo conférence à Todjom Ottawa, Montréal etc…. Reste qu’il prépare l’édition de son ouvrage intitulé « Autour du feu » qui retrace les étapes de socialisation chez les bamiléké de la naissance à la mort naturelle. Toutefois, chaque année pendant les vacances au mois d’août, il organise dans sa concession à Bandjoun, une rencontre autour du feu au cours de laquelle tous les vacanciers du Cameroun et de la diaspora viennent se ressourcer auprès des patriarches du village qui sont invités et certaines personnes ressources. Il est également encadreur culturel de l’Association des élèves et étudiants Bandjoun (AEEJO) et du Comité de Développement de Soung-Bandjoun.

L’histoire musicale de Tabeko est faite de lents mûrissements, entre tradition et avant-garde, humour et gravité, français et  ghomala’a, Tabeko, l’inclassable expose les clichés folklorisants que « la musique du monde » peut parfois nous servir et démontre qu’avec lui l’Afrique a de l’avance. Reste qu’il est conscient qu’en raison de la piraterie rampante, l’artiste ne point vivre dignement du fruit de ses efforts.

Le cadre à Express Union à Yaoundé est passionné de musique et sait déjà que c’est la voix qui lui est destinée. Depuis, sa vision des choses n’a pas changé.

hurinews.com

Louis MBANGA
par Louis MBANGA juillet 20, 2016 11:02