Tchad: Combat: Jacqueline Moudeïna, la terreur de Habré et de Deby

Louis MBANGA
par Louis MBANGA avril 25, 2015 14:23 Mise à jour

Tchad: Combat: Jacqueline Moudeïna, la terreur de Habré et de Deby

Malgré l’adversité, l’avocate et militante des droits de l’homme poursuit le combat sans relâche contre les Tchadiens victimes de l’oppression de l’actuel et de l’ancien régime. Elle y trouve aussi sa reconnaissance internationale.

« Au nom des milliers de victimes du régime de Hissene Habré, je me battrai ». Jacqueline Moudeïna semble avoir fait de ce mot d’ordre, sa philosophie de combat. L’avocate tchadienne âgé de 58 ans et non moins militante des droits de l’homme se bat depuis plus d’une vingtaine d’années pour que justice soit rendue aux proches des dizaine et milliers de victimes de la dictature d’Habré, président du Tchad de 1982 à 1990. Selon les chiffres d’une commission d’enquête mise sur pied après la chute de son régime, environ 40 000 assassinats politiques ont été commis par le prédecessuer d’Idris Deby. Représentante des victimes de cette barbarie, Jacqueline Moudeïna a porté plainte contre Hissene Habré et ses anciens proches collaborateurs et services de sécurité aussi bien devant la justice tchadienne que devant les juridictions internationales.

N’eut été sa fuite vers le Congo Brazzaville au milieu des années 1980, elle aurait sans doute subi les affres de la tyrannie du pouvoir de Habre. C’est au pays de Sassou Nguesso qu’elle poursuit ses études après les avoir interrompu au Tchad. MoudeinaEn exil au Congo, elle étudie le droit et s’inscrit en début des années 1990 au barreau du Tchad. En plus de défendre les victimes de Habre, Jacqueline consacre également son combat à l’abolition de l’esclavage des enfants, les droits des riverains du Pipeline Tchad-Cameroun, la lutte contre la corruption, les droits de la femme, etc., ceci dans le cadre de l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme.

Ses rapports avec le régime d’Idris Deby n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille. En 2008, pour avoir dénoncé l’enrôlement par l’armée tchadienne d’enfants-soldats dans la guerre avec le Soudan, Me Moudeïna a reçu des menaces de mort et dût trouver refuge dans la base de l’armée française au Tchad. Cette détermination à affronter la répression lui ont valu de nombreux prix à l’international, notamment le Right Livelihood Award en 2011, et le prix Alison Des Forges en 2013.

hurinews.com

Louis MBANGA
par Louis MBANGA avril 25, 2015 14:23 Mise à jour

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