Tchad: Liberté d’expression: Le Redhac condamne la répression policière contre des étudiants

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 20, 2015 12:03 Mise à jour

Tchad: Liberté d’expression: Le Redhac condamne la  répression policière contre des étudiants

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images des violences policières au Tchad (source: rfi.fr)

 

Voici l’intégralité du communiqué de presse du Réseau des défenseurs des droits

humains en Afrique centrale au sujet de la sanglante répression policière contre des élèves et de étudiants qui a eu lieu il y a quelques semaines au Tchad.

 

Douala-Ndjaména, le 12 Mars 2015: Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC)est vivement préoccupé par la situation d’insécurité que vivent les populations tchadiennes depuis le 03 mars 2015, insécurité provoquée par la repression d’une manifestation des étudiants et desélèves qui voulaient protester contre le décret N° 02/PR/2000 du ministère de la sécurité et de l’administration du territoire qui stipule : « Tout usager d’une motocyclette sans casque est automatiquement arrêté, et son engin conduit vers le camp de l’école de police».
Les faits :
Le 03 mars 2015, les policiers sont mobilisés dans les grands axes de la capitale afin de faire exécuter le décret qui entrait en vigueur ce jour. Les étudiants et les élèves en majorité propriétaire de motocyclettes voient dans ce décret« une volonté manifeste d’enrichir les commerçants véreux en quête de gain facile », comme le précise M. Bayine Sénoussi, étudiant en 2e année de littérature : « le prix des casques à doubler depuis l’entrée en vigueur du décret ». Les étudiants et les élèves ont voulu organiser une marche pour protester contre ce decret. De l’autre côté, les autorités tchadiennes, en l’occurrence M. Mahamat Abdoulaye, secrétaire général au ministère de la sécurité déclare : « cette décision s’inscrit dans la droite ligne des mesures relatives à l’utilité publique qui ont pour but de réduire le taux élevé des décès causé par les accidents de la route ». Et puis le ministre de la sécurité M. Abderahim Bremé déclare : « Près de 250 cas de décès sont causés annuellement par les accidents de la route, et environ 3000 personnes sont devenues handicapées après un accident ». En revanche, le 09 mars 2015, la marche de protestation des étudiants contre le port du casque aurait fait 3 morts (étudiants) à balles réelles, dont
M.Hassan Daoud officiellement identifié, une dizaine de bléssés, un bus dédié au transport des élèves brûlé et de nombreux cas d’arrestations arbitraires.

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) rappelle aux autorités tchadiennes et aux forces de l’ordre que : leur mission première est la protection des populations en général et en particulier de la jeunesse composée des élèves et étudiants.
Aussi, Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) :
-dénonce et condamne avec fermeté l’utilisation des
armes à balles réelles sur les manifestations pacifiques qui auraient causé 3 morts d’étudiants ;
-dénonce et condamne les arrestations arbitraires, les séquestrations, les traitements inhumains et dégradants infligés par les forces de l’ordre à la population, aux étudiants et aux défenseurs lors des manifestations du 09 mars 2015;
-demande la libération pure et simple de tous ceux qui sont incarcérés suite aux manifestations liées à ce décret. A la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) demande :
-d’exhorter les autorités tchadiennes à respecter laliberté de manifestations pacifiques en confromité avec l’article 9 alinéa 2 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui stipule : « Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions…. » ;
-de mettre en place une commission indépendante afin d’examiner les problèmes financiers relatifs au port de ce casque pour trouver des solutions consensuelles pour tous.

Louis MBANGA
par Louis MBANGA mars 20, 2015 12:03 Mise à jour

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